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13 mai, 2026 - 01:54:14
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Nord-Kivu : Un troisième employé de MSF abattu en pleine nuit

Une nouvelle tragédie frappe l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) dans la région du Nord-Kivu, au Congo. Le jeudi 18 avril, un infirmier travaillant à l’hôpital général de référence de Masisi a été abattu par balles dans son domicile, lors d’une attaque menée par un individu armé en uniforme. Ce drame porte à trois le nombre de morts parmi les employés de MSF dans la région depuis le début de l’année 2025, et constitue la deuxième perte en deux mois.

Selon un communiqué de l’organisation, deux hommes vêtus en tenue militaire, armés d’armes automatiques, auraient commencé par attaquer des civils dans la ville avant de se rendre au domicile de l’infirmier. Leur objectif initial : dérober des biens. La situation a rapidement dégénéré en échange de tirs, et le personnel de santé a été mortellement touché par deux balles au thorax, succombant sur place.

« Ce crime odieux témoigne de la dégradation alarmante de la sécurité dans la région », a déclaré Emmanuel Lampaert, représentant de MSF en RDC. Il a souligné que cette violence croissante ne fait pas de distinction, frappant aussi bien les civils que les humanitaires et les infrastructures de santé.

Depuis le début de l’année, une quinzaine d’incidents violents impliquant les équipes de MSF, leurs locaux ou leurs véhicules ont été recensés dans la région. Parmi eux, le 20 février, un radio-opérateur de l’organisation avait été tué dans des échanges de tirs entre groupes armés près de la base de Masisi. Quelques jours plus tard, un autre collaborateur de MSF avait été abattu à Goma, dans des circonstances similaires.

Mathilde Guého, responsable des programmes de MSF au Nord-Kivu, a souligné la gravité de la situation : « Même à distance des zones de conflit direct, nos collègues et la population vivent sous une menace permanente : braquages, assassinats, viols, incursions nocturnes… C’est leur quotidien. »

Face à cette montée de l’insécurité, MSF appelle instamment les autorités congolaises à agir rapidement pour maîtriser la circulation des armes, renforcer la protection des civils et mettre fin à ces violences ciblant les acteurs humanitaires.

« Nous demandons à toutes les parties impliquées, qu’il s’agisse de M23, des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), des Volontaires pour la Défense du Peuple (VDP/Wazalendo), ou des Forces armées congolaises (FARDC), de respecter le droit international humanitaire et leur devoir de protéger la population et les personnels humanitaires », a insisté Emmanuel Lampaert.

Avec près de 3 000 professionnels déployés en RDC, MSF continue de collaborer étroitement avec le ministère de la Santé pour fournir une assistance vitale aux populations vulnérables, malgré la violence omniprésente.

Franck YENGA

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