Le Kongo Central s’apprête à devenir l’un des nouveaux pôles d’attraction économique entre Kinshasa et Tokyo. Avec le projet KIVUVU, fruit d’un partenariat entre Kerith Resources et le géant japonais Asia Mineral Limited, la République démocratique du Congo ouvre un chapitre stratégique de son rapprochement avec le Japon. À Yokohama, la Première ministre Judith Suminwa a donné un signal clair : le gouvernement soutient l’initiative, mais dans le respect strict des règles qui garantissent une exploitation minière durable et profitable aux populations locales. L’enjeu dépasse le simple cadre de l’extraction du manganèse : il s’agit de bâtir un modèle de coopération gagnant-gagnant, créateur d’emplois, porteur de diversification économique et catalyseur d’investissements nippons en RDC. Par ce geste, Kinshasa confirme son ambition de s’ouvrir davantage à l’Asie et de transformer ses ressources naturelles en leviers de développement partagé.
La République démocratique du Congo affiche une volonté claire de consolider son ouverture vers l’Asie et particulièrement le Japon. En marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD-9), la Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a reçu Hirotaka Suzuki, président du groupe japonais Asia Mineral Limited (AML), acteur majeur du secteur mondial du manganèse.
Au cœur des échanges figurait la concrétisation du projet KIVUVU, une joint-venture entre AML et la société congolaise Kerith Resources Ltd, dédiée à l’exploitation et à la transformation du manganèse dans le Kongo Central. Le projet prévoit une capacité annuelle de production de deux millions de tonnes et ambitionne de générer plus de 1 000 emplois directs, avec un impact estimé sur près de 7 500 personnes dans les communautés environnantes.
Une vision partagée
« Nous avons présenté M. Hirotaka Suzuki à la Première ministre afin qu’il expose sa vision. Elle a exprimé tout son soutien au projet, en rappelant les règles à respecter pour une exploitation minière prospère en RDC », a indiqué Fely Samuna, directeur de Kerith Resources Ltd.
M. Suzuki a, de son côté, mis en avant les investissements et le calendrier prévisionnel, soulignant l’importance des retombées sociales et fiscales. L’initiative intègre, selon lui, non seulement l’extraction et la transformation du manganèse, mais aussi des projets d’éducation, d’infrastructures et de développement local.
Un catalyseur pour l’économie locale
Présenté comme un levier de croissance, le projet KIVUVU devrait renforcer l’attractivité du Kongo Central et plus largement de la RDC auprès des investisseurs japonais. « Ce projet aura un effet important sur l’économie, non seulement du Kongo Central mais de toute la RDC. Il favorisera l’arrivée d’investisseurs japonais dans la région », a souligné M. Samuna.
Développement communautaire et diversification
Au-delà de l’emploi direct, Kerith et AML prévoient la mise en place de centres de formation, ainsi que des initiatives dans l’élevage et l’agriculture. L’objectif est de contribuer à la diversification économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales. « Nous espérons dépasser les 1 000 emplois. Notre ambition est d’impliquer environ 7 500 personnes à travers l’emploi et les activités connexes », a précisé le dirigeant congolais.
Signé en juin dernier sous la forme d’un mémorandum d’entente, le partenariat entre Kerith Resources et AML s’inscrit dans une dynamique de coopération gagnant-gagnant. Il illustre la volonté de Kinshasa de promouvoir des investissements responsables, porteurs de croissance et soucieux des communautés.
Le projet KIVUVU apparaît ainsi comme une étape significative dans le rapprochement économique entre la RDC et le Japon, ouvrant la voie à une exploitation durable et mieux intégrée des ressources naturelles congolaises.
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