Genève a vibré trois jours durant au rythme de la mémoire et de la justice pour la République démocratique du Congo. Mercredi 10 septembre, l’exposition à la Place des Nations consacrée aux crimes qui ravagent l’Est de la RDC a officiellement fermé ses portes, marquant un temps fort de sensibilisation internationale. Initiée par la mission permanente de la RDC auprès de l’ONU et soutenue par des ONG et des acteurs culturels, cette initiative n’était pas seulement un regard sur le passé, mais un appel urgent à l’action. Témoignages poignants, œuvres artistiques et conférences scientifiques ont convergé pour porter la voix du peuple congolais sur la scène mondiale. Objectif : faire reconnaître la gravité des crimes en cours, éveiller les consciences et mobiliser la communauté internationale contre l’impunité. Pour le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, et ses partenaires, cette clôture n’est qu’un début : la marche vers la reconnaissance internationale et la justice continue, avec la conviction que chaque acteur présent à Genève est désormais porteur d’une responsabilité collective et d’un engagement durable.
Trois jours de sensibilisation intense ont pris fin mercredi 10 septembre à Genève, avec la clôture d’une exposition et d’activités parallèles visant à alerter la communauté internationale sur les crimes qui continuent de ravager l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Initiée par la mission permanente de la RDC auprès de l’ONU et soutenue par des ONG et des acteurs culturels, cette initiative visait à faire reconnaître la gravité de la situation et à appeler à la fin de l’impunité.
Une mobilisation internationale autour de la mémoire
« Lors de la commémoration du troisième anniversaire du Genocost, le président de la République avait demandé qu’après cette reconnaissance nationale, nous puissions sensibiliser à l’international sur cette cause de nos populations qui sont en train d’être massacrées, tuées, afin qu’au niveau international, nous puissions conjuguer nos efforts pour lutter afin que l’impunité ne puisse plus continuer », a déclaré Paul Empole Efambe, représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU et des autres organisations internationales à Genève.
Il a rappelé le slogan de Fonarev : ne pas oublier, guérir, symbole de la volonté congolaise de construire une mémoire collective et d’engager la communauté internationale dans la lutte contre ces crimes. « Nous avons commencé cette série d’activités ici à Genève, avec l’ouverture de cette exposition, puis une conférence scientifique, et d’autres événements. Aujourd’hui, nous venons en clore la première étape. Vous avez soutenu ces trois jours d’activités et nous en serons toujours reconnaissants, car ce n’est que le début d’une longue marche », a-t-il souligné.
Reconnaissance du génocide : un premier pas encourageant
Le ministre des Droits Humains, Samuel Mbemba, a insisté sur la nécessité de la reconnaissance internationale des crimes en cours. « Ce temps de sensibilisation a déjà commencé à porter des fruits. Au moment du dialogue interactif, certains États et ONG ont qualifié ce qui se passe au Congo de génocide.
C’est un début, mais il faut maintenir cette action partout où nous irons à travers le monde », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, la gravité des faits ne fait aucun doute. « Les experts du comité scientifique disent qu’il ne s’agit pas d’un seul génocide, mais de plusieurs génocides. Comme l’a souligné le professeur Luzolo, il est inconcevable qu’un pays de 100 millions d’habitants enregistre plus de 10 millions de morts de manière systématique et intentionnelle sans que ces faits ne soient qualifiés de génocides. Nous sommes réellement en présence d’un ou de plusieurs génocides. »
Une exposition pour éveiller les consciences
L’exposition présentait trente années de souffrance du peuple congolais, marquées par des massacres, des déplacements forcés et des vies brisées, mais aussi par la résilience et le courage. « Pendant trois jours, nous avons entendu les témoignages, vu les images, contemplé les œuvres. Ces récits ne sont pas du passé, ils sont encore la réalité de milliers de Congolais aujourd’hui », a déclaré Guillaume Ngefa, ministre d’État en charge de la Justice.
Les œuvres, réalisées par des artistes congolais, ont traduit visuellement la douleur des populations et l’urgence de la mobilisation internationale. « Chaque image, chaque témoignage est un appel non pas à la vengeance, mais à la vérité, à la mémoire et à une paix fondée sur la justice. Désormais, vous ne pourrez pas dire ‘nous ne savions pas’. Vous avez vu, vous avez entendu. Et vous portez désormais une responsabilité individuelle et collective, celle de transmettre, d’agir et de refuser l’indifférence », a-t-il ajouté.
Solidarité internationale et engagement continu
L’événement a rassemblé des ambassadeurs, des ministres, des activistes des droits humains, des experts et des scientifiques, venus de plusieurs pays et horizons. La présence de cette diversité de participants a été interprétée par les organisateurs comme un signe de solidarité et un encouragement à poursuivre la mobilisation.
« Votre présence ici est un signe de solidarité et pour cela le peuple congolais vous dit merci », a affirmé Guillaume Ngefa. Le ministre d’Etat en charge de la Justice a également remercié toutes les parties prenantes : Fonarev, CIA-VAR, la mission permanente de la RDC à Genève, les pays amis, la société civile, les journalistes, les artistes et les bénévoles, congolais et étrangers, qui ont contribué à la réussite de cette exposition.
La marche vers la reconnaissance internationale
À travers ces initiatives, la RDC entend poursuivre sa mobilisation jusqu’à obtenir une reconnaissance internationale claire du génocide congolais et mettre fin à des décennies d’impunité. Paul Empole Efambe l’a souligné : « Nous allons continuer cette marche ensemble jusqu’à cette reconnaissance à l’international. Soyez résistants comme les wazalendo. Ce n’est que le début d’une action globale qui mobilisera le monde sur cette tragédie. »
La clôture de l’exposition à Genève ne marque donc pas la fin de la campagne, mais le début d’une série d’actions diplomatiques, culturelles et scientifiques destinées à éveiller les consciences et à transformer la sensibilisation en reconnaissance et en justice.
Pitshou Mulumba, Envoyé spécial à Genève

