Dans un contexte de suspicion grandissante autour de la transparence dans la gestion des infrastructures sportives en République démocratique du Congo, le député national Kasanda Katuala Olivier, élu de Lukunga, a annoncé le dépôt d’une question écrite explosive au ministre des Sports et Loisirs, Maître Didier Budimbu Ntubwanga, prévu pour le lundi 13 octobre 2025. Au cœur de cette interpellation : la gestion controversée du stade Tata Raphaël et le non-paiement des primes de la 59ᵉ Coupe du Congo ainsi que de l’EPFKIN.
Le célèbre stade kinois, jadis symbole du sport congolais, est aujourd’hui au centre d’un scandale financier présumé. Les frais d’hébergement jugés exorbitants — entre 25 et 30 dollars américains par athlète et par nuit — alimentent de forts soupçons de détournement, avec des fonds qui, selon plusieurs témoignages, atterriraient directement dans les poches de la gestionnaire du site, Madame Lady Bwira Iyungu. Déjà épinglée à maintes reprises pour l’insalubrité chronique des installations et l’opacité de sa gestion financière, cette dernière s’est retrouvée récemment au cœur d’un échange téléphonique particulièrement tendu avec l’Honorable Kasanda Katuala. Lors de cet appel houleux, centré sur ces frais d’hébergement controversés, l’élu a dénoncé l’impact dramatique de ces tarifs sur les clubs modestes, tandis que la gestionnaire défendait bec et ongles son administration, allant jusqu’à accuser l’élu de chantage. Face à cette situation explosive, le député réclame désormais des comptes clairs et un rapport financier détaillé sur les recettes engrangées entre 2023 et 2025.
Dans une interview exclusive accordée à Infos27, le député national Kasanda Katuala Olivier revient sur les motivations de sa démarche et livre des révélations qui pourraient faire vaciller le ministère des Sports.
Interview
Infos27 (I27) : Honorable Kasanda Katuala, que dénoncez-vous précisément dans la gestion du stade Tata Raphaël et des primes sportives, au point de décider d’adresser une question écrite au ministre des Sports et Loisirs ce lundi 13 octobre ?
Honorable Olivier Kasanda Katuala (OKK) : Absolument. Il est temps de mettre fin à l’opacité et à la gabegie qui gangrènent nos infrastructures sportives. Le stade Tata Raphaël, un joyau historique de Kinshasa, est devenu un symbole de la mauvaise gouvernance. Les clubs modestes, comme ceux de l’EPFKIN qui utilisent ce stade ou celui de l’Académie des Aigles du Congo, sont désireux d’accéder aux chambres dédiées sur ce site, la veille de leurs matches, mais ils sont asphyxiés par des frais d’hébergement exorbitants : 25 à 30 USD par athlète et par nuit ! Imaginez un club avec au minimum 20 athlètes : c’est une fortune inaccessible pour les équipes kinoises. Et où va cet argent ? Apparemment, directement dans la poche de la gestionnaire, Madame Lady Bwira Iyungu, sans aucun contrôle. J’ai personnellement eu un échange téléphonique houleux avec elle, centré notamment sur le caractère exorbitant de ces frais d’hébergement des athlètes. Elle m’a accusé de chantage, mais les rapports et plaintes que j’ai reçus confirment les tribunes sales du stade, les alentours insalubres, et l’absence totale d’entretien. C’est un scandale ! Ma question écrite exige un rapport financier détaillé pour les années 2023, 2024 et 2025 (1er semestre), couvrant les recettes des billets, des locations pour entraînements et matches loisirs, et des hébergements. Les Congolais méritent la transparence !
I27 : Vous évoquez Madame Lady Bwira Iyungu, gestionnaire du stade Tata Raphaël. Pouvez-vous revenir sur la teneur de cet échange téléphonique houleux avec elle et sur les critiques récurrentes qui visent sa gestion ?
OKK : Madame Iyungu est tristement célèbre pour sa gestion opaque. Elle a été épinglée à plusieurs reprises par des plaintes d’usagers de ce stade pour l’insalubrité des tribunes couvertes de déchets et d’excréments, des vestiaires impraticables, des alentours qui ressemblent à une décharge en saison de pluie. Lors de notre échange téléphonique, j’ai exigé des explications sur ces frais exorbitants d’hébergement, et elle a réagi avec agressivité, me sommant de me mêler de mes affaires. C’était tendu, avec des échanges vifs sur l’impact de ces coûts sur nos clubs de foot kinois ! Mais je ne me laisserai pas intimider. Cette opacité laisse supposer des détournements massifs. Si les fonds ne servent pas à entretenir le site, où vont-ils ? C’est ce que le Ministre devra expliquer.
I27 : Le deuxième volet de votre interpellation concerne les primes non payées de la Coupe du Congo et de l’EPFKIN. En quoi ce retard pose-t-il un problème majeur ?
OKK : Cela représente un manquement aux engagements envers les athlètes et les clubs qui représentent le Congo avec mérite. Pour la 59e Coupe du Congo, l’AS SIMBA, champion national, attend ses 250 000 USD ; le FC MK, finaliste, ses 150 000 USD ; et les demi-finalistes US Socozaki et AC Rangers, chacun 100 000 USD. Pour l’EPFKIN 2024-2025, le FC MWEKA n’a pas reçu ses 50 000 USD, et Nouvelle Vie B. FC attend ses 20 000 USD. Ces délais prolongés affectent la motivation et la fiabilité de nos compétitions. Ma question écrite interroge le Ministre sur les causes de ce retard et demande des assurances pour un versement rapide. Le sport congolais mérite un soutien concret, pas des engagements non tenus.
I27 : Quelles suites concrètes attendez-vous de la part du ministre suite à cette question écrite ?
OKK : J’attends des réponses claires, des sanctions si nécessaire, et une réforme en profondeur. Si le Ministre ne réagit pas, cela confirmera que la mégestion est tolérée au plus haut niveau. Les Congolais en ont assez des scandales ; il est temps d’agir pour un sport propre et accessible !
Cette question écrite, déposée lundi prochain, pourrait bien déclencher une enquête parlementaire et des remous au sein du gouvernement. Affaire à suivre de près, car le sport congolais est en danger.
Propos recueillis par Pitshou Mulumba

