Dans un pays traversé par les fractures sécuritaires, sociales et institutionnelles, l’Église du Christ au Congo (ECC) a choisi, une fois encore, de placer le débat national sur le terrain de la conscience collective. Réunis samedi 13 décembre à la Cathédrale du 1er Centenaire protestant de Kinshasa, fidèles, pasteurs et responsables ecclésiastiques ont pris part à la sixième Journée nationale de jeûne et de prière pour la République démocratique du Congo. Au cœur de cette mobilisation spirituelle, un message central : la crise congolaise ne se résume pas à des équations politiques ou économiques, elle interroge aussi les fondements moraux et éthiques de la Nation. Dans une adresse solennelle, le révérend docteur André-Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe, président national de l’ECC, a appelé à une « restauration de l’alliance avec Dieu », présentée comme une condition du redressement national. Un discours à la fois spirituel et civique, qui assume une lecture engagée du rôle de l’Église dans l’espace public congolais.
Réunis à la Cathédrale du 1er Centenaire protestant, à Kinshasa, des milliers de fidèles ont répondu, samedi 13 décembre 2025, à l’appel de l’Église du Christ au Congo (ECC) à l’occasion de la 6ᵉ édition de la Journée nationale de jeûne et de prière en faveur de la RDC. Placée sous le thème « Restaurons notre alliance avec Dieu pour le salut de la RDC », cette rencontre spirituelle s’inscrit dans une démarche entamée depuis 2020, dans le cadre de la « Décennie prophétique 2021-2030 ».
Dans son message, le révérend docteur André-Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe, président national de l’ECC, a salué la mobilisation des fidèles à travers le pays et au sein de la diaspora, notamment aux États-Unis. Il a rappelé que cette journée annuelle, organisée chaque deuxième samedi de décembre, vise à interpeller la Nation sur ses responsabilités collectives face aux épreuves qu’elle traverse.
Une lecture spirituelle d’une crise multidimensionnelle
Sans détour, le responsable protestant a dressé un constat sévère de la situation nationale : persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, déplacements massifs de populations, pauvreté endémique, corruption et blessures non refermées de l’histoire récente. Pour l’ECC, ces réalités ne relèvent pas uniquement de défaillances institutionnelles ou de déséquilibres économiques.
« La crise que nous traversons n’est pas seulement politique ou économique, elle est aussi spirituelle et morale », a affirmé le président de l’ECC, estimant qu’un peuple qui perd ses repères éthiques « s’éloigne de sa destinée ».
Cette prise de position s’inscrit dans ce que l’Église revendique comme sa mission prophétique : dénoncer le mal, soutenir la vérité et proposer des voies de restauration, tout en maintenant une posture d’intercession pour les institutions et les citoyens.
Quand l’Église interpelle la responsabilité des dirigeants
Dans un passage au ton résolument civique, André-Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe a lancé un appel explicite aux différentes composantes de la société congolaise. Aux dirigeants politiques, il a demandé de gouverner « dans la crainte de Dieu et la droiture » ; aux familles, de redevenir des espaces de transmission des valeurs ; aux fidèles, de se muer en « artisans de paix » dans un contexte national fragmenté.
S’appuyant sur le texte biblique de Deutéronome 29:12-13, le président de l’ECC a présenté la notion d’alliance non comme un symbole abstrait, mais comme une « décision nationale », engageant la responsabilité individuelle et collective.
Loin d’un discours de retrait, l’intervention de l’ECC revendique une présence active dans le débat national, tout en se tenant à distance des luttes partisanes. « Ce n’est ni par la force ni par la puissance, mais par l’Esprit », a rappelé le pasteur Bokundoa-Bo-Likabe, soulignant que le jeûne et la prière répondent à une « urgence », et non à une tradition figée.
En clôture de son message, le président de l’ECC a proclamé sa conviction : « La République démocratique du Congo ne mourra pas ; elle vivra. » Une déclaration de foi qui, au-delà de sa dimension religieuse, traduit la volonté de l’Église protestante de peser sur le récit national, à un moment où la RDC cherche encore les ressorts d’une stabilité durable.
MOT DU Rév. Dr ANDRÉ-GÉDÉON BOKUNDOA-BO-LIKABE, Président National de l’ECC
À l’occasion de la 6ᵉ édition de la Journée Nationale de Jeûne et de Prière en faveur de la RDC
Kinshasa, Cathédrale du 1er Centenaire Protestant — Samedi 13 décembre 2025
Thème : « Restaurons notre alliance avec Dieu pour le salut de la RDC »
(Deutéronome 29 :12-13)
Bien-aimés dans le Seigneur,
Que la grâce et la paix vous soient accordées de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur.
En cette sainte convocation de jeûne et de prière pour notre Nation, la République Démocratique du Congo, héritage précieux que le Seigneur nous a confié,
En ce jour solennel, je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour avoir répondu à l’appel avec humilité et ferveur dans un esprit de repentance sincère et d’un retour profond vers le Dieu vivant.
Bien-aimés dans le Seigneur,
La situation socio-politique et économique de notre pays interpelle l’Église du Christ au Congo à exercer, avec courage et fidélité, sa mission prophétique : dénoncer le mal, soutenir la vérité, proposer des voies de restauration, et surtout intercéder sans relâche en faveur de notre Nation, de ses institutions et de l’ensemble de ses fils et filles, face aux puissances des ténèbres qui cherchent à obscurcir notre destinée collective.
Depuis l’année 2020, l’Église du Christ au Congo, à travers son Département d’Évangélisation, Vie de l’Église et Mission, a reçu un mandat particulier d’intercession pour la nation, inscrit dans la vision de la « Décennie prophétique 2021–2030 », en accord avec la Parole de Jérémie 29 :10-14.
Chaque deuxième samedi du mois de décembre, sur toute l’étendue de notre territoire et au sein de la diaspora, notamment aux États-Unis, le peuple congolais est convié, dans le jeûne et la prière, à rechercher la face de Dieu pour la guérison de notre terre et l’accomplissement de sa volonté.
Les épreuves multiples que traverse notre pays annoncent des temps nouveaux, difficiles à discerner par le regard humain, mais accessibles à la lumière de la foi. Seule notre confiance en Dieu affermira nos pas jusqu’à l’accomplissement de Ses desseins, que ce soit par notre génération ou par celles à venir.
Bien-aimés dans le Seigneur,
Les cris de détresse continuent de monter de nos villes et de nos campagnes.
L’insécurité persistante à l’Est, avec une guerre injustement nous imposée ayant fait plusieurs millions de morts innocents, les déplacements massifs des populations, la pauvreté, l’injustice, la corruption et les blessures de notre histoire récente sont les signes d’un peuple éprouvé.
Mais malgré cette situation alarmante, sachons que jamais l’Eternel nous abandonne. Il a toujours été près de ceux qui sont sans force, l’espérance des désespérés, le secours des abandonnés, le sauveur de ceux qu’on amène à l’abattoir.
Cette grâce de Dieu nous invite aujourd’hui à un examen profond de notre relation avec Lui : sommes-nous demeurés fidèles à l’Alliance, ou avons-nous détourné nos cœurs vers des voies étrangères ?
La crise que nous traversons n’est pas uniquement politique ou économique, elle est surtout spirituelle et morale.
Lorsqu’un peuple s’éloigne de Dieu, il perd l’orientation de sa destinée. Mais lorsqu’il revient à Lui avec un cœur brisé et contrit, Dieu guérit sa nation.
La Parole du Seigneur nous parle avec autorité à travers Deutéronome 29 :12-13 :
« Tu entres dans l’alliance de l’Éternel, ton Dieu… afin qu’Il te fasse aujourd’hui son peuple et qu’Il soit lui-même ton Dieu. »
C’est un appel solennel : restaurant notre alliance avec Dieu pour le salut de notre cher pays, la République Démocratique du Congo. Tel est le cœur de cette sixième saison de jeûne et de prière.
En ce jour saint, j’en appelle :
Aux pasteurs, serviteurs et enfants de de Dieu, à se tenir à la brèche pour la Nation ;
Aux fils et filles de Dieu, à devenir des artisans de paix et des instruments de construction ;
Aux familles, à redevenir des autels vivants de prière ;
Aux dirigeants, à gouverner dans la crainte de Dieu et la droiture ;
À chaque Congolaise et à chaque Congolais, à se détourner du mal et à rechercher la paix.
Frères et Sœurs en Christ,
Ce n’est ni par la force ni par la puissance, mais par l’Esprit de l’Éternel que notre nation sera restaurée.
Nous ne jeûnons pas par habitude, mais par une sainte urgence.
Nous ne prions pas par tradition, mais par une ardente nécessité.
Nous ne parlons pas d’alliance comme d’un symbole, mais comme d’une décision nationale devant Dieu.
Que cette journée marque un tournant spirituel décisif pour la République Démocratique du Congo.
Que Dieu renouvelle notre Alliance avec Lui.
Qu’Il visite nos institutions.
Qu’Il réconcilie nos Communautés.
Qu’Il console les affligés.
Qu’Il rétablisse la paix dans les zones de conflit.
Qu’Il relève notre Nation dans la dignité et la stabilité.
Au nom de Jésus-Christ, Chef et Tête de l’Église du Christ au Congo, je proclame avec foi : La République Démocratique du Congo ne mourra pas ; elle vivra et publiera les œuvres de l’Éternel.
Que Dieu bénisse Son Église.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.
Paix, grâce et bénédictions abondantes sur la Nation et sur son peuple.
Je vous remercie.

