80.62 F
Kinshasa
3 juin, 2026 - 23:36:22
Image default
CoopérationÉconomieFlash InfosLa une

Le FMI valide les réformes congolaises et débloque 442 millions de dollars pour la RDC

En validant deux revues clés des programmes en cours, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a donné son feu vert à un décaissement immédiat de 442 millions de dollars en faveur de Kinshasa. Un signal fort, adressé à la fois aux marchés, aux partenaires techniques et aux autorités congolaises, dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé à l’Est et par une pression continue sur les finances publiques. Malgré ces fragilités, l’économie congolaise affiche une résilience notable : croissance soutenue, inflation en net recul, amélioration des équilibres extérieurs. En appuyant à la fois la Facilité élargie de crédit et la Facilité pour la résilience et la durabilité, le FMI reconnaît les efforts engagés tout en rappelant l’exigence de discipline budgétaire, de gouvernance renforcée et de réformes structurelles durables.

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la deuxième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue de l’accord relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République démocratique du Congo. Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat total de 442 millions de dollars américains, a annoncé l’institution de Bretton Woods.

Dans le détail, la validation de la deuxième revue du programme soutenu par la FEC permet un décaissement de 190,4 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 260 millions de dollars, portant le total des décaissements au titre de ce programme à 570,9 millions de DTS, l’équivalent de près de 780 millions de dollars. Parallèlement, la conclusion de la première revue de la FRD autorise un décaissement supplémentaire de 133,25 millions de DTS, soit environ 182 millions de dollars.

Résilience économique sous pression sécuritaire

Selon le FMI, l’économie congolaise a fait preuve d’une résilience remarquable, malgré la persistance du conflit armé dans l’Est du pays, qui continue de peser lourdement sur les finances publiques et d’aggraver la crise humanitaire. Cette situation demeure préoccupante, en dépit des avancées diplomatiques récentes, notamment l’entérinement, au niveau présidentiel, d’un accord de paix négocié par les États-Unis entre la RDC et le Rwanda, ainsi que la signature d’un accord-cadre à Doha entre le gouvernement congolais et le groupe armé M23.

Sur le plan macroéconomique, l’activité est restée robuste. La croissance du produit intérieur brut réel devrait dépasser 5 % en 2025 et 2026, soutenue par le dynamisme du secteur extractif. La stabilité extérieure s’est améliorée grâce aux exportations et aux cours élevés du cuivre, malgré la suspension temporaire des exportations de cobalt durant une large partie de l’année 2025. Cette évolution a contribué à l’amélioration du solde du compte courant et à l’accumulation de réserves de change, même si celles-ci restent inférieures au seuil d’adéquation recommandé.

L’inflation a, pour sa part, nettement reculé, passant de 11,7 % fin 2024 à 2,2 % en novembre 2025, sous l’effet d’une politique monétaire restrictive et d’une appréciation marquée du franc congolais. Tirant parti de cette désinflation et de la hausse des taux d’intérêt réels, la Banque centrale du Congo a abaissé son taux directeur de 25 % à 17,5 % au début du mois d’octobre.

Le FMI juge la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC globalement satisfaisante. Tous les critères de performance à fin juin 2025 ont été respectés, à l’exception d’un critère continu relatif aux pratiques de change multiples, pour lequel les autorités ont sollicité une dérogation, l’institution tenant compte du caractère temporaire de la mesure, depuis abandonnée.

Si la majorité des objectifs indicatifs a été atteinte, des écarts ont été observés concernant le niveau des dépenses sociales et le recours aux procédures d’urgence, en raison de dépenses de sécurité exceptionnellement élevées liées à la persistance du conflit. Sur le plan des réformes structurelles, sept des huit repères non continus ont été respectés, le dernier — relatif à la généralisation de la facture normalisée de la TVA — ayant été mis en œuvre avec un léger retard.

S’exprimant à l’issue des discussions, le directeur général adjoint du FMI et président par intérim, Kenji Okamura, a souligné que, malgré des perspectives favorables, des risques à la baisse subsistent, liés notamment aux défis sécuritaires, à la crise humanitaire, à une possible réduction de l’aide publique au développement et à la volatilité des prix des matières premières.

Le Fonds appelle les autorités congolaises à maintenir une discipline budgétaire rigoureuse, à renforcer la gestion des finances publiques, à préserver les dépenses sociales et à poursuivre les réformes visant à améliorer la gouvernance, la transparence et l’environnement des affaires. Une politique monétaire prudente et la poursuite de l’accumulation des réserves de change restent, selon l’institution, des leviers essentiels pour consolider la résilience économique et soutenir une croissance durable et inclusive.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus