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Kinshasa
30 mai, 2026 - 23:22:03
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Occupation de l’Est congolais : Kinshasa accuse Kigali d’une escalade militaire et exige un retrait immédiat

À la veille du passage à la nouvelle année, le gouvernement de la République démocratique du Congo a dénoncé la poursuite et l’aggravation de l’occupation militaire rwandaise dans l’Est du pays. Dans un communiqué rendu public le 31 décembre à Kinshasa, l’exécutif décrit une situation de rupture : progression territoriale vers le sud, intensification des frappes armées, déploiement de nouveaux bataillons. À la clé, un bilan humanitaire de plus en plus lourd : plus de 500 000 déplacés et plus de 1 500 morts civils depuis le début du mois de décembre, selon des données issues de la société civile, consolidées par des sources humanitaires et étatiques. Au-delà des chiffres, le message est politique. Kinshasa rejette les annonces de « retrait » venues de Kigali. Des annonces contredites par les faits. Elle invoque le droit international, exige un retrait « immédiat, effectif et vérifiable » des troupes étrangères et interpelle ses partenaires sur l’usage de leviers contraignants. 

Le communiqué est dense. Le vocabulaire, volontairement tranchant. Le gouvernement congolais n’y laisse guère de place à l’ambiguïté. Il dénonce « avec la plus grande fermeté » la poursuite de l’occupation illégale de son territoire par les forces rwandaises et une « extension délibérée et continue » des zones sous contrôle étranger dans l’Est du pays, en particulier autour de Uvira.

Selon Kinshasa, la dynamique observée sur le terrain traduit une progression vers le sud, aux conséquences lourdes pour les civils. Les autorités parlent d’une « agression manifeste contre la souveraineté nationale » et d’une « violation grave et répétée du droit international ». Le diagnostic est posé : la crise sécuritaire se double désormais d’une urgence humanitaire d’ampleur.

Les chiffres avancés sont sévères. D’après des informations issues de la société civile, consolidées par des sources humanitaires et corroborées par les services de l’État, plus de 500 000 personnes auraient été déplacées. Le bilan provisoire ferait état de plus de 1 500 morts civils depuis le début du mois de décembre, à la suite d’opérations mêlant « bombes et drones kamikazes » sur l’axe Kamanyola–Uvira.

Une manœuvre militaire dénoncée

Au-delà des violences, le communiqué insiste sur une évolution militaire jugée préoccupante. Trois nouveaux bataillons rwandais auraient été déployés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga, « sous couvert du groupe Twirwaneho », une stratégie destinée, selon Kinshasa, à masquer leur identité réelle. Les mouvements observés s’inscriraient dans une manœuvre planifiée visant une descente vers Fizi, puis une avancée sur l’axe stratégique de Kalemie, dans la province du Tanganyika.

Dans ce contexte, le gouvernement congolais rejette catégoriquement les déclarations rwandaises évoquant un retrait des troupes. Il y voit un « double discours inacceptable », contredit par les faits établis sur le terrain. La critique est directe, mais s’inscrit dans un registre diplomatique maîtrisé, visant à documenter plutôt qu’à invectiver.

Kinshasa aborde également un sujet interne sensible : les propos récemment tenus par le général Sylvain Ekenge. L’exécutif rappelle qu’ils ont entraîné sa suspension et l’ouverture d’une procédure disciplinaire, soulignant qu’un manquement individuel relève d’une responsabilité personnelle. Une manière de dissocier les écarts individuels d’une ligne officielle réaffirmée comme hostile à toute forme de discrimination.

Le message final se veut clair. La RDC exige le retrait « immédiat, effectif, vérifiable et sans condition » des troupes rwandaises, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Accord de paix de Washington. Elle appelle ses partenaires à user de « tous les leviers contraignants » disponibles et réaffirme sa détermination à poursuivre les démarches diplomatiques, politiques et judiciaires nécessaires. Objectif affiché : rétablir l’autorité de l’État et tenir pour responsables, « sans exception », les auteurs et commanditaires des crimes dénoncés.

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