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Kinshasa
17 mai, 2026 - 04:34:14
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Kinshasa : vers des poursuites contre les auteurs d’autorisations illégales de construction

À Kinshasa, la bataille contre les constructions anarchiques franchit un nouveau seuil. Après des années de tolérance et de laisser-faire, l’heure de la redevabilité a sonné : ceux qui ont délivré des autorisations illégales seront appelés à répondre devant la justice. Ce signal fort, lancé par le ministère délégué à l’Urbanisme et Habitat, traduit la volonté d’en finir avec une pratique qui a longtemps défiguré la capitale congolaise, aggravant insalubrité, insécurité et chaos urbanistique. Au-delà du coup de balai symbolique, il s’agit désormais de reconstruire une ville qui respire, de redonner confiance aux habitants et de poser les bases d’une gestion urbaine plus rigoureuse. Un changement de cap attendu dans une métropole en pleine expansion, où la pression démographique rend chaque décision d’aménagement cruciale.

Kinshasa, mégapole de plus de quinze millions d’habitants, s’apprête à franchir une étape décisive dans la lutte contre le désordre urbanistique. Le ministère délégué à l’Urbanisme et Habitat chargé de la politique de la ville a annoncé, dans un communiqué rendu public cette semaine, la saisine imminente de la justice pour juger les personnes responsables de l’octroi d’autorisations de construction illégales.
« L’assainissement de la ville n’est pas seulement nettoyer avec le balai, mais aussi démolir les constructions qui ne sont pas à leur place », a déclaré Léon Mulumba, ministre provincial de l’Environnement. Il a ajouté que les agents publics ou autorités qui auront enfreint la loi en délivrant ces permis irréguliers seront désormais poursuivis.

Depuis plusieurs années, la capitale congolaise est confrontée à une prolifération de constructions anarchiques, souvent érigées sur des sites inappropriés ou à risques, comme les lits de rivières, les servitudes publiques ou encore les zones non viabilisées. Cette urbanisation sauvage contribue à la dégradation de l’environnement, à la multiplication des inondations et à l’accentuation des problèmes de salubrité.

La décision du gouvernement provincial vise à responsabiliser non seulement les citoyens qui construisent en violation des règles, mais aussi et surtout les fonctionnaires ou autorités locales qui, par négligence ou intérêt personnel, ont facilité ces dérives. Une approche jugée plus structurelle par plusieurs observateurs, qui y voient un tournant dans la gouvernance urbaine.

« C’est un signal fort : désormais, ce ne sont plus seulement les murs qu’on abat, mais aussi le système de complaisance qui les a rendus possibles », estime un urbaniste kinois, Ir. Sala.

L’annonce intervient dans un contexte où la pression démographique s’accroît et où les besoins en logement explosent. Elle laisse entrevoir une nouvelle dynamique de régulation urbaine, alliant discipline, transparence et vision à long terme, pour faire de Kinshasa une ville mieux organisée et plus vivable.

Infos27

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