Le ton est mesuré, mais l’alerte est claire. À New York, les trois pays africains membres du Conseil de sécurité des Nations unies : la République démocratique du Congo, la Somalie et le Libéria, ont fait entendre, d’une seule voix, une inquiétude politique assumée face à l’évolution de la situation au Venezuela. Sans se livrer à des condamnations spectaculaires, le groupe des A3 a rappelé les lignes rouges du multilatéralisme : souveraineté des États, intégrité territoriale et primauté du dialogue. Une prise de position qui s’inscrit dans le sillage du communiqué récent de l’Union africaine et qui marque la volonté des capitales africaines de peser, avec méthode, sur les grandes crises internationales. En soulignant les risques pour la stabilité régionale et en appelant à une solution inclusive portée par les Vénézuéliens eux-mêmes, les A3 défendent une lecture politique ferme : aucune issue durable ne peut naître de la force ou de l’ingérence, mais seulement du droit et de la négociation.
Les pays africains membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies : la République démocratique du Congo, la Somalie et le Libéria, ont exprimé, lundi, leur « profonde préoccupation » face à la situation politique au Venezuela.
Dans une déclaration commune lue au Conseil par l’ambassadeur libérien Lewis G. Brown II, les A3 ont indiqué s’aligner sur la position récemment exprimée par l’Union africaine.
Les trois pays ont notamment pris acte de rapports évoquant la détention du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et de son épouse, ainsi que d’incidents impliquant des institutions de l’État. Autant d’éléments qui, selon eux, « posent de sérieux défis à la stabilité interne du Venezuela et à la paix et à la sécurité de la région ».
Primauté du droit et solution endogène
Sans s’engager dans une lecture partisane, les A3 ont réaffirmé leur attachement aux principes cardinaux de la Charte des Nations unies : respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, règlement pacifique des différends et respect des cadres constitutionnels et institutionnels.
La crise vénézuélienne, estiment-ils, appelle une réponse « globale, inclusive et menée au niveau national ». En filigrane, un message politique constant : aucune solution durable ne saurait être imposée de l’extérieur.
Les représentants africains ont insisté sur la nécessité d’un dialogue entre Vénézuéliens, seul capable, selon eux, de répondre aux aspirations et aux droits du peuple, avec un appui « constructif » de la communauté internationale.
En conclusion, les A3 ont exprimé leur solidarité avec la population vénézuélienne et appelé toutes les parties à la retenue, se disant disposés à soutenir, au sein du Conseil de sécurité et avec les partenaires régionaux, toute initiative visant une issue pacifique, inclusive et durable à la crise. Une diplomatie de principe, discrète mais résolue.
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