Le symbole était attendu. Après plusieurs semaines de crispations sécuritaires et de déplacements de populations dans l’est du pays, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a regagné Uvira, chef-lieu provisoire de la province. Plus qu’un déplacement administratif, le retour vise à réaffirmer l’autorité de l’État après le départ de la coalition RDF/M23-AFC. Devant les habitants, l’exécutif provincial a multiplié les messages de fermeté : reconquête des localités stratégiques, cohésion intercommunautaire, reprise du paiement des salaires et réouverture prochaine de la frontière. En creux, un objectif politique : restaurer la confiance et montrer que le pouvoir civil entend reprendre la main sur le terrain sécuritaire.
Uvira (Sud-Kivu). Un retour qui se veut un signal. Jean-Jacques Purusi est arrivé à Uvira avec un discours d’autorité. Le gouverneur a voulu afficher la présence de l’État. Montrer que l’administration tient encore.
Face à la population, le ton est martial. Il promet de « récupérer Kamanyola, Bukavu, Goma, Bunagana et partout ». Une reconquête, dit-il, destinée à restaurer l’intégrité du territoire provincial. Le message vise autant les groupes armés que les habitants inquiets.
Mais le responsable provincial insiste aussi sur la cohésion. Il appelle les communautés à ne pas « tomber dans le piège de l’ennemi », formule qui traduit la crainte de divisions internes exploitées par les violences.
Rassurer et rétablir l’État
Au-delà des mots, l’exécutif cherche à rassurer sur le quotidien.
Le gouverneur annonce la reprise du paiement des salaires « dès la semaine prochaine » et la réouverture prochaine de la frontière, essentielle pour l’activité commerciale locale. Deux leviers concrets pour relancer une économie ralentie par les tensions.
Il se félicite également d’un relatif calme sécuritaire, évoquant « trois jours sans un seul coup de feu ». Une accalmie présentée comme le signe d’un retour progressif à la normale. Reste que la situation demeure fragile.
Dans cette région stratégique, frontalière du Burundi et proche des zones d’affrontements au Nord-Kivu, chaque déplacement officiel a valeur de démonstration politique. La présence du gouverneur à Uvira vise autant à gouverner qu’à incarner la continuité de l’État.
Dans l’est congolais, la bataille est aussi symbolique : occuper le terrain, parler d’une seule voix, et convaincre que l’autorité civile peut encore s’imposer.
À Uvira, le pouvoir provincial tente désormais de transformer cette promesse en réalité.
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