Décentraliser la croissance pour mieux structurer le territoire. À Kinshasa, le ministère de l’Urbanisme et Habitat et la Banque mondiale ont engagé des discussions sur le rôle des villes secondaires dans la mise en œuvre des corridors de développement en République démocratique du Congo. Longtemps éclipsées par les grandes métropoles, ces agglomérations sont désormais présentées comme des pôles clés pour stimuler l’activité économique, désenclaver les provinces et renforcer la stabilité sociale. Les autorités entendent mieux planifier leur expansion, améliorer les infrastructures et coordonner les investissements afin d’en faire des relais durables de croissance. Une approche qui s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de transformation territoriale.
Le gouvernement congolais veut faire des villes secondaires un moteur de développement économique. Mercredi, le ministère de l’Urbanisme et Habitat a tenu une séance de travail avec la Banque mondiale consacrée à l’intégration de ces centres urbains dans la stratégie nationale des corridors de développement.
Selon un communiqué officiel, les échanges ont porté sur la manière de positionner ces villes comme des leviers structurants pour la croissance et la stabilité du pays.
« Le ministère de l’Urbanisme et Habitat et la Banque mondiale ont échangé mercredi sur les villes secondaires autour du programme des corridors de développement, considérés comme des leviers stratégiques de croissance économique et de stabilité en République démocratique du Congo », indique le texte.
Des pôles de croissance à structurer
Dans cette approche, les villes intermédiaires sont appelées à jouer un rôle de relais entre les grandes capitales provinciales et les zones rurales. L’objectif est de mieux répartir les investissements, d’encourager la création d’activités économiques locales et de limiter la pression démographique sur Kinshasa et d’autres grands centres urbains.
Adossées aux corridors de développement – axes logistiques, énergétiques et commerciaux destinés à relier les principales régions productives –, ces villes pourraient devenir des points d’ancrage pour l’industrialisation, le commerce et les services.
Planification et infrastructures
Les discussions avec la Banque mondiale ont également porté sur la planification urbaine, l’amélioration des infrastructures de base et la coordination des interventions publiques.
Pour les autorités, la maîtrise de l’expansion urbaine constitue un enjeu majeur afin d’éviter l’urbanisation anarchique, souvent source de précarité sociale et de déficits en services essentiels.
L’appui technique et financier des partenaires internationaux devrait permettre de renforcer les capacités institutionnelles et d’accompagner la mise en œuvre de projets structurants.
Une stratégie territoriale
Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée par l’exécutif de faire des corridors de développement des catalyseurs de transformation économique. En misant sur les villes secondaires, le gouvernement entend créer de nouveaux pôles d’attractivité, capables de générer de l’emploi et de consolider la stabilité dans les provinces.
À terme, l’enjeu est de bâtir un maillage urbain plus équilibré, afin que la croissance ne se concentre plus uniquement dans quelques métropoles, mais bénéficie à l’ensemble du territoire.
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