À Toronto, la République démocratique du Congo a choisi de parler d’avenir. Lors du forum « Spotlight on DRC », organisé dans le cadre du PDAC 2026, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dévoilé une série de projets miniers structurants destinés à transformer le potentiel géologique du pays en moteur d’industrialisation. Devant un parterre d’investisseurs internationaux, il a mis en avant une stratégie fondée sur la transformation locale, la diversification des minerais et l’intégration de la RDC dans les chaînes de valeur mondiales. Malgré les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays, Kinshasa affiche des indicateurs robustes, avec une production de cuivre dépassant les trois millions de tonnes et une forte valorisation du cobalt. Entre production prochaine de lithium au Tanganyika, raffinerie d’or et méga-projet MIFOR, la RDC entend désormais passer d’un modèle extractif à une économie minière intégrée et compétitive.
La République démocratique du Congo a présenté, à Toronto, une nouvelle étape de sa stratégie minière. À l’occasion du forum « Spotlight on DRC », organisé dans le cadre de la convention annuelle de la Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC 2026), le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a exposé les grandes orientations d’un secteur appelé à jouer un rôle central dans la transformation économique du pays.
Face à des investisseurs, développeurs et partenaires internationaux, il a défendu une vision claire : faire des ressources naturelles de la RDC un levier d’industrialisation et de développement durable.
« La manière dont nous valorisons nos ressources naturelles ne peut plus se limiter à la simple extraction. Elle doit s’étendre à la transformation, à la création de valeur locale et à l’innovation », a-t-il affirmé.
Une industrie minière en pleine expansion
Malgré les défis sécuritaires persistants dans certaines zones de l’Est, la RDC continue d’afficher des performances significatives dans le secteur minier.
Selon le ministre, la production annuelle de cuivre dépasse désormais les 3 millions de tonnes, confirmant la place du pays parmi les grands producteurs mondiaux.
Le cobalt, minerai stratégique pour les batteries électriques et les technologies vertes, connaît également une dynamique favorable. Son prix est passé d’environ 20 000 dollars à près de 55 000 dollars la tonne, évolution attribuée à une meilleure gouvernance du marché et à des mesures de régulation.
Des projets structurants pour l’avenir
Lors de cette présentation, plusieurs projets majeurs ont été dévoilés pour illustrer la nouvelle orientation de la politique minière congolaise.
Parmi les initiatives annoncées figure la première production de lithium au Tanganyika, attendue dès le deuxième trimestre de l’année. Cette avancée devrait ouvrir un nouveau segment stratégique pour l’économie minière nationale.
Le ministre a également évoqué l’expansion des partenariats internationaux avec des entreprises majeures telles que Glencore, CMOC et Ivanhoe Mines, signe de l’attractivité croissante du pays pour les investissements miniers.
Autre initiative notable : le lancement de la première raffinerie d’or dans la province du Tanganyika, présenté comme un symbole fort de la transformation locale des ressources.
Le ministre a également mis en avant le projet des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), un corridor stratégique reliant le nord-est au sud-ouest du pays. La première phase de ce projet représente près de 29 milliards de dollars d’investissements, illustrant l’ampleur des ambitions industrielles de la RDC.
Une stratégie soutenue par des réformes
Ces initiatives s’inscrivent dans la vision économique portée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et mise en œuvre par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Le ministre des Mines a rappelé les réformes engagées pour renforcer l’attractivité du secteur : amélioration de la gouvernance, transparence accrue, sécurisation des investissements, stabilisation du régime fiscal, digitalisation de l’administration et développement de zones économiques spéciales.
Ces mesures visent à encourager la transformation locale des minerais, attirer des technologies et favoriser le développement d’une industrie minière intégrée.
La RDC veut changer de statut
Au PDAC 2026, la RDC a ainsi cherché à projeter une nouvelle image : celle d’un pays qui ne se contente plus d’exporter ses ressources brutes, mais qui ambitionne de devenir un acteur industriel majeur dans les chaînes de valeur mondiales.
« Nous recherchons des partenariats gagnant-gagnant, respectueux de nos lois et orientés vers l’intérêt mutuel », a insisté Louis Watum Kabamba.
Dans un contexte de transition énergétique mondiale et de demande croissante en minerais stratégiques, Kinshasa entend tirer pleinement parti de son immense potentiel géologique.
Cuivre, cobalt, lithium et grands projets structurants comme MIFOR illustrent cette ambition : transformer le sous-sol congolais en moteur d’une croissance durable et d’une influence économique accrue sur la scène internationale.
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