Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution congolaise continue d’alimenter les discussions dans la classe politique. Face à la presse mercredi à Kinshasa, le président du Sénat honoraire et actuel deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, s’est fermement opposé à toute initiative visant à modifier la Loi fondamentale adoptée en 2006. Pour lui, la République démocratique du Congo ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais d’un déficit de leadership et de responsabilité dans leur application. Dans une sortie marquée par plusieurs formules incisives, il a jugé infondé l’argument selon lequel la Constitution serait devenue « vieille » après seulement dix-sept ans d’existence. Appelant à la sincérité dans le débat politique, il a également critiqué les acteurs qui militent aujourd’hui pour une réforme constitutionnelle alors qu’ils ont participé à son élaboration ou à sa défense. Pour Bahati Lukwebo, la priorité doit rester le respect et l’application rigoureuse des institutions existantes.
Le président du Sénat honoraire et deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, a exprimé mercredi à Kinshasa son opposition à toute initiative visant à réviser la Constitution de 2006.
S’exprimant lors d’un échange avec la presse, l’ancien président de la chambre haute a estimé que le pays ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un problème de gouvernance et de responsabilité dans leur application.
« Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il déclaré, appelant la classe politique à s’interroger d’abord sur le respect des institutions et des règles existantes.
Une Constitution jugée toujours d’actualité
Dans un contexte où certaines voix plaident pour une révision constitutionnelle, Bahati Lukwebo a rejeté l’argument selon lequel la Constitution serait devenue obsolète.
« Si ceux qui ont 60 ou 50 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ? », a-t-il lancé devant les journalistes.
Pour lui, l’âge d’un texte constitutionnel ne saurait constituer à lui seul un argument suffisant pour justifier sa modification.
« Il ne suffit pas de dire que la Constitution est dépassée 17 ans après. C’est quelle théorie scientifique ? », a-t-il interrogé, mettant en doute la pertinence d’un tel raisonnement.
Une critique adressée aux promoteurs de la réforme
Au cours de son intervention, le président du Sénat honoraire a également exprimé son incompréhension face à l’évolution des positions de certains acteurs politiques.
« Je ne comprends pas comment ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devraient protéger cette Constitution, disent aujourd’hui le contraire », a-t-il affirmé.
Ses propos apparaissent comme une réponse aux prises de position récentes de certaines figures politiques et juridiques favorables à une réforme constitutionnelle, notamment celles de Evariste Boshab, ancien vice-Premier ministre et constitutionnaliste.
Un appel à la sincérité politique
Au-delà du débat juridique, Bahati Lukwebo a insisté sur la responsabilité morale des dirigeants dans la conduite des affaires publiques.
« Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il déclaré, estimant que la loyauté politique ne doit pas empêcher la franchise dans le débat institutionnel.
Pour le deuxième vice-président du Sénat, la consolidation des institutions et le respect de l’État de droit passent avant tout par l’observance rigoureuse de la Constitution existante.
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