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2 mai, 2026 - 02:52:19
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Plus de 1 000 maisons détruites à Kolwezi : des évacuations sous le feu des critiques

À Kolwezi, dans la province du Lualaba, une vaste opération de démolition transforme le quartier Golf-plateau/RVA, à Dilala, en paysage de ruines. Depuis le vendredi 20 mars, plus de 1 000 habitations, ainsi que plusieurs écoles et lieux de culte, ont été rasés. Des centaines de familles, prises de court, n’ont pas eu le temps de sauver leurs biens. Beaucoup ont passé la nuit à la belle étoile, exposées aux intempéries, dans une précarité brutale.

L’ampleur et les conditions de l’opération suscitent une vive indignation. La société civile du Lualaba dénonce des destructions menées sans préparation suffisante ni accompagnement des populations. « Le pire est déjà arrivé. L’ultimatum de trois jours, annoncé par le ministère provincial de l’Intérieur, était inapproprié et trop court », affirme Chadrack Mukad, coordonnateur de la société civile.

Au cœur des critiques : l’absence de mise en demeure formelle, le caractère expéditif des délais et l’absence de mesures d’assistance. Les organisations citoyennes appellent à une prise en charge d’urgence des sinistrés, en particulier en cette saison des pluies. Elles exigent également l’instauration d’un mécanisme d’indemnisation. « Détruire la maison de quelqu’un, acquise à force de sacrifices, sans compensation, est tout simplement injuste », insiste M. Mukad.

Au-delà de l’urgence sociale, la société civile pointe des responsabilités administratives. Elle demande l’ouverture d’enquêtes sur les conditions d’attribution des titres fonciers dans cette zone relevant de la Régie des voies aériennes (RVA). Selon elle, des agents du cadastre auraient délivré des documents ayant permis l’occupation de parcelles pourtant situées dans un périmètre non constructible. « Les agents du cadastre doivent être sanctionnés de manière exemplaire », plaide M. Mukad, évoquant une chaîne de responsabilités qui ne saurait s’arrêter aux seuls occupants.

Les autorités provinciales, de leur côté, défendent une décision dictée par l’urgence. Dans un communiqué, le ministre provincial de l’Intérieur évoque une « mesure de sécurité » destinée à prévenir les risques liés à la proximité des installations aéroportuaires. Il cite notamment les dangers d’accidents d’avion, d’incendies ou d’incidents lors des phases de décollage et d’atterrissage.

Mais cet argument peine à apaiser les tensions. Car au-delà de la légitimité sécuritaire invoquée, c’est la méthode qui est aujourd’hui contestée. Entre impératif de sécurité et respect des droits des populations, la crise de Kolwezi révèle les failles d’une gestion urbaine où l’anticipation fait défaut et où les plus vulnérables paient le prix fort.

Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi 

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