Quarante-deux ans après le dernier recensement, la République démocratique du Congo relance un chantier statistique majeur. Présenté mercredi à Bandundu-villr lors de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le projet du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) s’impose comme un instrument stratégique pour orienter les politiques publiques. Porté par le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, ce programme évalué à près de 192 millions de dollars vise à doter le pays de données fiables et actualisées, condition essentielle pour une planification efficace et un développement maîtrisé.
La République démocratique du Congo entend combler un déficit statistique vieux de plus de quatre décennies. Réuni à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, dans le cadre de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le gouvernement a présenté, mercredi, le projet du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), 42 ans après la dernière opération réalisée en 1984.
Porté par le ministère du Plan, ce programme est présenté comme un levier central pour améliorer la gouvernance publique et renforcer la planification du développement. Dans son intervention, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, a insisté sur l’importance stratégique de cette initiative pour l’avenir du pays.
« Ce vaste projet, évalué à près de 192 millions de dollars américains, entièrement financé, avec une contribution du gouvernement congolais estimée à 30 millions de dollars, constitue un outil essentiel pour doter le pays de données fiables, actualisées et exhaustives », a-t-il déclaré devant les gouverneurs réunis pour l’occasion.
L’enjeu est de taille. Depuis le recensement de 1984, la RDC fonctionne avec des estimations démographiques souvent approximatives, compliquant la mise en œuvre de politiques publiques adaptées aux réalités du terrain. L’absence de données précises affecte notamment les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’aménagement du territoire ou encore de la planification urbaine.
Avec le RGPH2, les autorités ambitionnent de disposer d’une photographie complète de la population et des conditions d’habitat à l’échelle nationale. Cette base de données permettra d’orienter les investissements publics, de mieux cibler les programmes sociaux et d’optimiser la répartition des ressources entre les provinces.
Le choix de présenter ce projet lors de la Conférence des gouverneurs n’est pas anodin. Il traduit la volonté du gouvernement d’impliquer les exécutifs provinciaux dans la réussite de cette opération d’envergure, dont la mise en œuvre nécessitera une coordination étroite entre les différents niveaux de l’État.
Au-delà de sa dimension technique, le recensement revêt une portée politique et économique. Il constitue un préalable indispensable à toute stratégie de développement crédible, dans un pays confronté à une croissance démographique rapide et à des défis structurels persistants.
Le coût global du projet, estimé à 192 millions de dollars, reflète l’ampleur logistique et organisationnelle de l’opération. La contribution de l’État congolais, fixée à 30 millions de dollars, témoigne d’un engagement budgétaire significatif, dans un contexte de contraintes financières.
Pitshou Mulumba, envoyé spécial à Bandundu-ville

