« J’aurai une attention soutenue pour le suivi du contentieux international et régional en cours dans lesquels la République Démocratique du Congo est engagée. Je sais que la tâche est grande mais je sais aussi que nous ne sommes pas seuls ». Ces propos sont de Guillaume Ngefa-Atondoko Andali, nouveau ministre de la Justice et Garde des sceaux, le 13 août 2025, lors de la cérémonie de remise et reprise avec l’intérimaire de Constant Mutamba, Samuel Mbemba, parti aux Droits humains.
Il va falloir changer de stratégie. Et Guillaume Ngefa le sait pertinemment que seuls 5 % des rapports soumis à l’assemblée générale et surtout au Conseil de sécurité de l’ONU sont lus, et des milliers de rapports sont largement ignorés, a déploré, début août, le secrétaire général António Guterres. Ce qui, selon lui a occasionné une crise d’efficacité au sein de l’organisation. L’on comprend sans doute pourquoi les rapports des experts des Nations-Unies sur des faits des crimes de guerre, des pillages des ressources naturelles, des déplacements manu militari des groupes ethniques par les rebelles de l’AFC/ M23 soutenus par le régime de Kigali ne suscitent de fortes réactions du Conseil de sécurité. Mais la dernière boucherie signée la soldatesque scélérate de Corneille Naanga Yebuelo, plus de 300 civils dont au moins un tiers des femmes et d’enfants, courant juillet 2025, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, aura été la barbarie, pour le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
La majorité des victimes, s’offusque le Haut-Commissariat, étaient des civils sans défense, exécutés sommairement dans leurs champs ou leurs villages. À cela s’ajoutent, pour la seule période allant du 2 juillet au 2 août 2025, plus de 125 cas de viols, des centaines de recrutements forcés, y compris d’enfants, plus de 300 actes de torture – parfois sur des élèves -, des pillages systématiques, des incendies de maisons, des arrestations arbitraires dans des conditions inhumaines, ainsi que des transplantations de populations non identifiées dans les territoires sous contrôle du M23″.
Ce bilan, selon le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, est l’un des plus lourds enregistrés depuis la résurgence du M23, et rappelle tragiquement l’horreur du massacre de Kishishe. Fin novembre 2022, le monde était choqué par le massacre de civils à Kishishe, dans la province du Nord-Kivu. Ce drame a été attribué au M23 à la suite d’affrontements avec les milices locales. Au moins 131 civils ont été tués, selon les chiffres publiés par le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH). Dans un autre rapport publié mardi 7 février, la même entité a revu à la hausse ce bilan et parle maintenant de 171 civils tués. « Ils leur ont dit de s’asseoir au bord du trou et ils ont commencé à les abattre », a témoigné, Michel, un membre de l’église adventiste de Kishishe. Kinshasa regrette que « ces crimes odieux surviennent en pleine période de cessez-le-feu, pourtant réaffirmé dans l’Accord de paix de Washington, signé entre la RDC et le Rwanda le 27 juin 2025, et dans la Déclaration de principes de Doha, signée le 19 juillet 2025 entre la RDC et le M23/AFC ».
Le gouvernement congolais dénonce la violation flagrante des engagements signés à Doha et alerte la communauté internationale, en particulier les médiateurs et facilitateurs du processus de paix, sur le caractère foncièrement contradictoire entre le discours du M23/AFC et ses agissements sur le terrain.
« Tout en réaffirmant son attachement au dialogue sincère et à la recherche d’une paix durable et définitive dans l’Est du pays, le gouvernement appelle à la mise en œuvre diligente de la commission d’enquête internationale prévue dans la Résolution A/HRC/RES/S-37/1, adoptée le 7 février 2025 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies lors de sa 37ème session extraordinaire du 7 février 2025, pour faire toute la lumière sur tous les crimes commis dans ce contexte d’agression et garantir que leurs auteurs, commanditaires et complices soient identifiés et traduits en justice », lit-on dans un communiqué du gouvernement, signé Patrick Muyaya Katembwe.
De toutes les grandes chancelleries occidentales, Paris a, la première, levé le ton et qualifié ces violences d’« inacceptables » et exhorté au respect des engagements pris dans la déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha entre la RDC et l’AFC/M23, notamment la mise en œuvre immédiate d’un cessez-le-feu.
Ngefa pour baliser la route qui mène à la CPI
Mais, soutenue par les Forces de défense rwandaise (RDF), la rébellion AFC/M23 a pourtant poursuivi ses offensives en occupant, ces derniers jours, la bourgade de Kaniola dans le

