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Kinshasa
16 avril, 2026 - 19:18:32
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Infrastructures en RDC : Tshisekedi fixe la feuille de route pour sortir de l’enclavement

Rompre avec l’improvisation et installer une planification durable : à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics en fixant un cap clair pour la décennie à venir. Objectif affiché : transformer la République démocratique du Congo en un espace intégré, compétitif et résilient face aux défis climatiques. Devant près de 500 participants, le chef de l’État a défendu une approche systémique fondée sur la rigueur technique, l’innovation et les partenariats public-privé, appelant à faire des infrastructures un levier de souveraineté économique et d’intégration régionale effective. À ses côtés, le ministre des ITPR, John Banza Lunda, a détaillé des livrables concrets pour traduire cette ambition en résultats mesurables.

Kinshasa a accueilli, mercredi, la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics, marquant une étape structurante dans la politique de désenclavement de la République démocratique du Congo. À l’ouverture des travaux, le président Félix Tshisekedi a posé les bases d’une transformation en profondeur du secteur, en rompant avec les pratiques de gestion fragmentée.

« Nous devons sortir d’une logique de réparation permanente pour entrer dans une véritable culture de système », a-t-il déclaré, appelant à une planification rigoureuse couvrant l’ensemble du cycle de vie des ouvrages, de la conception à l’évaluation. Cette approche, a-t-il insisté, devra intégrer les exigences du climat, de l’innovation et de la durabilité.

Le chef de l’État a fixé une ambition à l’horizon 2034 : faire du pays « un espace pleinement intégré, moderne et compétitif ». Une projection qui repose sur la valorisation de la position géographique centrale de la RDC, appelée à devenir un corridor stratégique entre les différentes régions du continent africain.

Dans son intervention, Félix Tshisekedi a également insisté sur la nécessité d’adapter les infrastructures aux effets du changement climatique. « Le changement climatique nous impose désormais de penser des infrastructures résilientes », a-t-il averti, évoquant des phénomènes météorologiques extrêmes et des contraintes accrues sur les sols. Il a souligné l’appui de la Banque mondiale dans l’élaboration de programmes d’investissement intégrant ces paramètres.

Au-delà de l’environnement, le président a plaidé pour une montée en gamme technique : promotion des matériaux locaux, soutien à la recherche, recours accru aux innovations et intégration des outils numériques dans la gestion des infrastructures. « Cela suppose une évolution vers des normes de construction plus rigoureuses », a-t-il martelé.

Dans une séquence au ton volontariste, il a détaillé sa vision symbolique du rôle des infrastructures : « Je veux que chaque route tracée devienne une artère irriguant le cœur de nos provinces (…) que chaque infrastructure utile soit une pierre de plus posée à l’édifice de notre souveraineté économique et de notre puissance nationale. »

Le ministre des ITP fixe des livrables concrets

Au cœur de l’organisation de ces assises, le ministre des Infrastructures et travaux publics, John Banza Lunda, a précisé les résultats attendus de cette conférence de trois jours, organisée du 8 au 10 avril à Kinshasa.

« Ces assises doivent être assorties de résultats concrets et immédiatement opérationnels », a-t-il déclaré, détaillant les principaux livrables. Parmi eux figurent l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle pour la période 2026-2030, l’adoption d’un document stratégique baptisé « Déclaration de Kinshasa » ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi.

L’objectif affiché est de traduire les orientations présidentielles en actions mesurables, avec des calendriers précis et des dispositifs de contrôle. Cette exigence de résultats répond à une attente forte : éviter que les engagements pris ne restent au stade déclaratif.

En amont, le secrétaire général aux Infrastructures, Georges Koshi Gimeya, avait donné le ton en soulignant l’ampleur du défi. « L’organisation de cette conférence représente un défi majeur à la hauteur des ambitions portées par le président de la République », a-t-il affirmé, évoquant les enjeux de désenclavement, de compétitivité et de cohésion nationale.

Parallèlement, un appel appuyé a été lancé au secteur privé, tant national qu’international. Le président Tshisekedi a insisté sur la nécessité de partenariats public-privé « équilibrés, transparents et mutuellement bénéfiques », afin de mobiliser les financements nécessaires à la réalisation et à l’entretien des infrastructures structurantes.

Au total, près de 500 participants prennent part à ces travaux, avec pour mission de structurer une vision cohérente et opérationnelle. Pour les autorités congolaises, l’enjeu est double : bâtir des infrastructures adaptées aux défis contemporains et faire de leur développement un moteur d’intégration régionale.

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