Un dossier sensible remis au cœur de l’action publique. À Kinshasa, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a lancé un atelier stratégique consacré à la décision de la Cour africaine sur les communautés Batwa du parc de Kahuzi. Face aux violations reconnues des droits fondamentaux, le gouvernement affiche sa volonté d’aligner sa réponse sur les standards internationaux. L’objectif : définir des actions concrètes, renforcer la coordination et restaurer les droits affectés.
La question des droits des communautés autochtones s’impose à nouveau dans l’agenda institutionnel congolais. À Kinshasa, le ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a procédé mercredi 8 avril 2026 au lancement d’un atelier d’échange d’informations consacré à la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) relative aux communautés Batwa du parc national de Kahuzi.
Cette décision de la juridiction africaine a conclu à plusieurs violations de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment en ce qui concerne le droit à la propriété, le droit à la culture et d’autres droits fondamentaux. Elle met en lumière les défis persistants liés à la cohabitation entre impératifs de conservation et respect des droits des populations autochtones.
Réunis autour du ministre, des experts issus de différents ministères, des services publics ainsi que des structures non étatiques participent à ces travaux. L’objectif affiché est de parvenir à une compréhension commune des recommandations formulées par la CADHP et de définir les modalités de leur mise en œuvre.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre Samuel Mbemba a insisté sur la volonté du gouvernement de s’inscrire dans un cadre conforme aux standards internationaux. « Le Gouvernement de la RDC inscrit son action dans le respect des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme », a-t-il déclaré.
Pour le responsable des Droits humains, cet atelier constitue une étape essentielle dans l’appropriation des conclusions de la Cour africaine. Il vise à traduire les recommandations en actions concrètes, tout en renforçant la coordination entre les différentes institutions concernées. « Ces travaux vont permettre notamment la compréhension commune des recommandations, l’identification des actions prioritaires à entreprendre et le renforcement de la coordination interinstitutionnelle », a-t-il précisé.
Au-delà de l’analyse juridique, les discussions portent également sur les implications pratiques de la décision, notamment en matière de réparation des préjudices, de reconnaissance des droits des communautés Batwa et d’adaptation des politiques publiques dans les zones protégées.
Cet atelier, prévu sur deux jours, est organisé en partenariat avec la Wildlife Conservation Society (WCS), une organisation internationale engagée dans la conservation des espaces naturels et la protection de la biodiversité. Cette collaboration illustre la volonté de concilier les impératifs environnementaux avec le respect des droits humains.
La question des communautés Batwa du parc national de Kahuzi cristallise en effet des enjeux complexes, à la croisée des politiques de conservation et des droits des populations autochtones. Elle appelle à des réponses équilibrées, capables de préserver les écosystèmes tout en garantissant la dignité et les droits des communautés concernées.
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