Changer les conditions de détention des mineurs et rompre avec des pratiques longtemps décriées. À Kisangani, un Établissement de garde et d’éducation d’État (EGEE) a été aménagé au sein de la prison centrale avec l’appui du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa. Ce dispositif vise à séparer les enfants en conflit avec la loi des détenus adultes et à leur offrir un encadrement adapté. Derrière cette initiative, les autorités entendent répondre à une exigence à la fois juridique et humaine : garantir des conditions dignes, favoriser la réinsertion et corriger une situation jugée inappropriée.
Un pas significatif vient d’être franchi dans la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Un Établissement de garde et d’éducation d’État (EGEE) a été aménagé au sein de la prison centrale, avec l’appui du ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa.
Cette initiative répond à une problématique longtemps décriée : la cohabitation des enfants détenus avec les adultes dans un même environnement carcéral. Jusqu’à récemment, les mineurs étaient regroupés dans un espace sommairement aménagé à l’intérieur de la prison centrale, sans véritable dispositif adapté à leur statut ni à leurs besoins spécifiques.
Avec la mise en place de cet EGEE, les autorités judiciaires entendent instaurer un cadre distinct, mieux structuré et conforme aux principes fondamentaux de protection de l’enfance. L’objectif est double : garantir des conditions de détention plus dignes et favoriser un encadrement éducatif susceptible de préparer la réinsertion sociale de ces jeunes.
Selon les responsables locaux, l’état initial du site illustre l’ampleur du travail accompli. « Cet endroit était une brousse. Nous remercions le ministre d’État qui s’est investi pour la première fois pour remettre de l’ordre et la figure de l’EGEE », a déclaré Gérard Bolema, chef de division de la Justice dans la province de la Tshopo.
Il a également rappelé la situation antérieure : « Avant la réhabilitation, les enfants étaient dans la prison centrale où on avait aménagé un petit quartier ». Une configuration jugée inadaptée, tant du point de vue sécuritaire que sur le plan éducatif.
L’aménagement de cet espace spécifique marque ainsi une évolution notable dans la gestion des mineurs en conflit avec la loi. En les séparant des détenus adultes, les autorités réduisent les risques d’influence négative, de violences ou de récidive aggravée, souvent associés à la promiscuité carcérale.
Au-delà de la simple séparation physique, l’EGEE se veut un cadre d’encadrement structuré. Il est destiné à offrir un accompagnement éducatif et social, en complément des mesures judiciaires. Une approche qui s’inscrit dans une logique de justice restauratrice, où la sanction s’accompagne d’un effort de réhabilitation.
Si des défis subsistent, notamment en termes de ressources, de personnel qualifié et de suivi des programmes éducatifs, la création de cet établissement constitue une avancée concrète. Elle témoigne d’une prise de conscience progressive de la nécessité d’adapter les réponses judiciaires aux réalités spécifiques des mineurs.
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