La réforme de la fonction publique en République démocratique du Congo entre dans une phase décisive avec l’assainissement du Fichier de Référence de l’Administration Publique (FRAP). Lancé en 2022, le processus d’identification biométrique des agents a permis de réduire significativement les effectifs et de sécuriser la masse salariale. Présenté comme un levier de transparence et de rationalisation des finances publiques, ce dispositif s’impose aujourd’hui comme un outil central de gouvernance, soutenu par les partenaires internationaux et appelé à transformer durablement la gestion des ressources humaines de l’État.
Engagée depuis 2022, la réforme de la fonction publique en République démocratique du Congo connaît une avancée notable avec l’assainissement du Fichier de Référence de l’Administration Publique (FRAP), devenu un instrument central de maîtrise des effectifs et de la masse salariale. À l’initiative du vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ce processus repose sur l’identification biométrique des agents publics à l’échelle nationale.
Lancée officiellement le 23 mai 2022, cette opération visait à sécuriser les données administratives grâce à la collecte des empreintes digitales, afin de lutter contre les fraudes et d’assainir un fichier longtemps marqué par des irrégularités. L’objectif affiché était double : garantir la fiabilité des effectifs de l’État et assurer une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Trois ans après son déploiement, les résultats sont significatifs. Le nombre d’agents recensés est passé d’environ un million à près de 750 000 fonctionnaires certifiés réguliers. Cette réduction s’explique principalement par l’élimination des doublons et des matricules fictifs, révélant l’ampleur des dysfonctionnements antérieurs. En conditionnant désormais l’accès à la paie à une identification biométrique stricte, les autorités entendent s’assurer que les ressources publiques bénéficient exclusivement aux agents effectivement en service.
Au-delà de la réduction des effectifs, le FRAP s’impose comme un outil d’assainissement financier pour le Trésor public. Il permet une meilleure visibilité sur la masse salariale et contribue à limiter les détournements liés à l’existence d’agents fictifs. Dans le même temps, il offre aux fonctionnaires régulièrement identifiés une reconnaissance administrative sécurisée, fondée sur des données fiables.
Cette transformation s’accompagne d’une modernisation des services. Grâce au portail numérique de la Fonction publique, les agents peuvent désormais suivre leur situation administrative en temps réel, consulter leurs données et introduire des réclamations. Ce dispositif vise à réduire les pratiques arbitraires et à instaurer un climat de confiance entre l’administration et ses agents.
Pour les autorités, le FRAP dépasse désormais le cadre d’un simple fichier administratif. Il constitue le socle d’une gestion rationalisée des ressources humaines, permettant d’envisager une meilleure planification des départs à la retraite et d’ouvrir des perspectives d’amélioration salariale pour les agents restants. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de réforme structurelle de l’État.
Les partenaires techniques et financiers ont salué cette évolution. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) considèrent cette initiative comme un exemple de bonne gouvernance en matière de gestion administrative. L’expérience congolaise a d’ailleurs été présentée sur la scène internationale, notamment lors du Forum mondial des coalitions tenu à Washington en octobre 2025, où le ministre a partagé les enseignements tirés de cette réforme.
Inscrite dans la dynamique impulsée par le président Félix Tshisekedi, cette transformation contribue à renforcer la crédibilité de l’administration publique congolaise auprès de ses partenaires. Elle facilite également la mobilisation d’appuis budgétaires destinés à soutenir les réformes engagées.
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