Une réalité qui résiste aux injonctions. À Debonhomme, entre Matete et Limete, les vendeurs informels continuent d’occuper trottoirs et chaussées chaque soir, malgré les mises en garde répétées des autorités provinciales. Une semaine après l’ultimatum lancé autour du marché Zando, la présence massive de ces commerces improvisés illustre les limites des mesures d’assainissement. Entre nécessité économique et désordre urbain, la régulation du secteur informel reste un défi majeur pour la ville de Kinshasa.
Le commerce informel continue de s’imposer dans l’espace public à Kinshasa, en dépit des décisions des autorités provinciales. À Debonhomme, carrefour stratégique situé entre les communes de Matete et Limete, les trottoirs et les abords de la route sont chaque soir occupés par des vendeurs non autorisés, transformant cette zone en un marché à ciel ouvert.
Cette situation persiste alors même que le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, a récemment multiplié les mises en garde contre l’occupation anarchique des espaces publics. Une semaine auparavant, lors d’une descente autour du grand marché Zando, il avait accordé un ultimatum aux commerçants illégaux, appelant à la libération des trottoirs et au respect de l’ordre urbain.
Mais sur le terrain, le contraste est manifeste. Dès la tombée de la nuit, les vendeurs investissent massivement les abords du saut-de-mouton de Debonhomme. Légumes, fruits, ustensiles de cuisine, vaisselle et articles divers sont proposés dans un flux continu d’activités commerciales improvisées.
Pour les riverains, cette occupation est devenue une habitude. « Chaque soir, ils sont là comme si de rien n’était. Ils s’installent, vendent jusqu’à tard, et personne ne semble les déranger », témoigne Paulin Lomba, habitant de Limete. Son constat reflète un sentiment largement partagé : celui d’un décalage entre les annonces officielles et leur application effective.
La situation divise toutefois l’opinion locale. Si certains dénoncent un désordre croissant, d’autres rappellent que ces activités constituent une source de revenus essentielle pour de nombreux ménages. Dans un contexte économique marqué par la précarité, le commerce informel apparaît pour beaucoup comme un moyen de subsistance incontournable.
Mais les conséquences sur l’environnement urbain sont bien réelles. L’occupation des trottoirs complique la circulation des piétons, contraints de se rabattre sur la chaussée, avec des risques accrus d’accidents. « Nous comprenons qu’ils cherchent à gagner leur vie, mais les trottoirs ne sont plus praticables et cela devient dangereux, surtout la nuit », explique Chantal Mbiya, vendeuse formelle à Matete.
Au-delà des nuisances immédiates, cette situation met en évidence les limites de la régulation du commerce informel dans la capitale congolaise. L’absence de contrôle permanent, combinée à la pression économique, rend difficile l’application stricte des mesures d’assainissement.
À Debonhomme, comme dans d’autres zones de Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple question de l’ordre public. Il renvoie à la nécessité de trouver un équilibre entre la régulation de l’espace urbain et la prise en compte des réalités socio-économiques des populations.
Pour l’exécutif provincial, le défi est double : restaurer l’autorité de la réglementation tout en proposant des alternatives viables aux acteurs du secteur informel. Faute de solutions durables, les marchés pirates continuent de prospérer, au rythme des besoins quotidiens des habitants.
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