Sous une pluie matinale, des milliers de manifestants ont convergé lundi vers le boulevard Lumumba à Kinshasa à l’appel de l’UDPS, le parti présidentiel. Soutenue par des formations de la majorité, la mobilisation visait à appuyer les sanctions américaines contre l’ancien président Joseph Kabila. Dans une ambiance marquée par des slogans et des messages de soutien à Washington, les organisateurs ont déposé un mémorandum à l’ambassade des États-Unis, tout en appelant à des mesures judiciaires immédiates contre l’ex-chef de l’État.
Initialement prévue en début de matinée lundi 4 mai 2026, la marche organisée à Kinshasa par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a connu un léger retard en raison de la pluie. Peu avant 11 heures, des milliers de manifestants ont commencé à affluer vers la première rue du boulevard Lumumba, donnant le coup d’envoi effectif à une mobilisation politique d’ampleur.
Dans le cortège, le parti présidentiel n’était pas seul. Plusieurs formations de la majorité ont rejoint la marche, contribuant à densifier les rangs. Drapés aux couleurs de leurs partis ou vêtus de blanc, certains participants brandissaient des pancartes et des banderoles affichant des messages de soutien aux États-Unis, dans un contexte marqué par les récentes sanctions visant l’ancien président Joseph Kabila.
Dès les premiers mètres de la procession, les slogans ont donné le ton. « Kabila maîtrisé, Kabila neutralisé, Kabila bientôt aux arrêts », scandaient des militants en langue nationale, traduisant une hostilité assumée à l’égard de l’ancien chef de l’État.
Une mobilisation élargie et des revendications assumées
Au fil du défilé, d’autres revendications ont émergé. Certains groupes ont notamment scandé des slogans en faveur d’un changement de Constitution.
L’objectif affiché de la marche demeurait en effet clair : soutenir la position de Washington et réclamer des actions concrètes contre Joseph Kabila. À l’issue de la mobilisation, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a pris la parole devant les manifestants pour formaliser cette ligne.
« Nous avons organisé cette manifestation pour montrer au monde entier que les Congolais soutiennent fermement le Président de la République actuelle et la décision prise par Donald Trump contre le dictateur Kabila. Les sanctions sont acceptées par l’ensemble du peuple congolais », a-t-il déclaré.
Il a poursuivi en appelant à un durcissement des mesures : « Nous demandons au Président Trump d’aller encore plus loin et de réclamer l’arrestation immédiate de Joseph Kabila. »
Un message politique adressé à Washington
Au terme du parcours, les organisateurs ont remis un mémorandum de remerciements à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa. Ce document vise à saluer officiellement les sanctions prises par l’administration américaine, tout en exhortant à leur prolongement sur le terrain judiciaire.
Encadrée par les forces de sécurité, la marche s’est déroulée sans incident majeur, malgré une forte affluence. Elle s’inscrit dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes autour du rôle et de la responsabilité des anciens dirigeants, ainsi que par les enjeux sécuritaires dans l’est du pays.
Au-delà de son caractère démonstratif, cette mobilisation traduit une stratégie assumée du parti présidentiel : transformer le soutien international en levier politique interne. En appelant explicitement à l’arrestation de Joseph Kabila, l’UDPS cherche à inscrire la pression internationale dans une dynamique nationale, où la rue devient un relais d’expression politique.
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