Pendant deux semaines, une équipe médicale russe conduite par Ekaterina Glok a mené une vaste mission humanitaire et sanitaire à Kinshasa et Kisangani, mêlant interventions chirurgicales, consultations spécialisées, assistance obstétricale et formation de médecins congolais. Selon l’ambassade de Russie en RDC, dix spécialistes russes ont réalisé 27 opérations, assuré 556 consultations et formé 70 professionnels de santé locaux. L’un des temps forts de cette mission a été une opération de transfert de nerfs pratiquée sur une fillette de deux ans atteinte de paralysie obstétricale, une première médicale en République démocratique du Congo.
L’ambassade de la Fédération de Russie en République démocratique du Congo a annoncé, vendredi 15 mai, l’achèvement d’une mission humanitaire et médicale russe conduite par Ekaterina Glok à Kinshasa et Kisangani, au terme de deux semaines d’activités sanitaires marquées par des opérations chirurgicales spécialisées, des consultations médicales et des formations destinées aux professionnels de santé congolais.
Déployée du 1er au 14 mai, cette mission a mobilisé dix médecins et professionnels de santé venus de différentes régions de Russie. Selon le communiqué officiel, l’équipe est intervenue dans plusieurs domaines médicaux, notamment la chirurgie générale, la chirurgie pédiatrique, l’obstétrique et la gynécologie, l’urologie, l’oncologie, l’oto-rhino-laryngologie, la pédiatrie, l’échographie, ainsi que l’anesthésiologie-réanimation.
Au total, la délégation russe affirme avoir réalisé 27 opérations chirurgicales, assuré 556 consultations médicales et assisté trois accouchements dans les structures sanitaires des deux villes congolaises. Des soins d’urgence ont également été administrés à plusieurs patients, tandis qu’une aide humanitaire a été distribuée aux populations jugées vulnérables.
Mais au-delà des chiffres, la mission a surtout mis l’accent sur le transfert de compétences médicales. Soixante-dix professionnels de santé congolais ont bénéficié d’une formation pratique dispensée directement dans les salles d’opération, lors des consultations spécialisées et dans le cadre de l’analyse de cas cliniques complexes. Les médecins russes ont travaillé aux côtés de leurs homologues congolais pour expliquer les techniques opératoires, les approches diagnostiques modernes et la prise en charge postopératoire des patients.
« Pour nous, il était important non seulement de venir et de réaliser des opérations complexes, mais aussi de le faire en collaboration avec les médecins locaux », a déclaré Ekaterina Glok, cheffe de mission, citée dans le communiqué.
Elle a également insisté sur la portée durable de cette coopération médicale. « À Kinshasa et à Kisangani, nos spécialistes ont réalisé des interventions qui n’avaient jamais été pratiquées ici auparavant, sauvé des femmes dans des états critiques, opéré des enfants et consulté des centaines de patients. Mais le principal résultat, ce sont les connaissances et les compétences qui restent sur place chez nos collègues et qui continueront d’aider les gens après notre départ », a-t-elle ajouté.
L’un des moments les plus marquants de cette mission a été la réalisation, à Kinshasa, d’une opération de transfert de nerfs sur une fillette de deux ans atteinte de paralysie obstétricale, également appelée paralysie de Duchenne-Erb. Cette intervention a été effectuée par le chirurgien plasticien russe Andrey Baïtinguer, spécialiste de la chirurgie de la main et des nerfs périphériques.
Selon la partie russe, il s’agirait de la première opération de ce type réalisée en République démocratique du Congo. L’intervention consiste à rétablir certaines fonctions motrices par le transfert de nerfs sains vers des zones affectées par une lésion neurologique survenue à la naissance.
La mission russe a travaillé en étroite collaboration avec le député national et médecin Laddy Yangotikala, membre du groupe d’amitié RDC-Russie. D’après le communiqué, l’élu congolais a facilité la coordination logistique et institutionnelle des activités de la délégation dans plusieurs établissements hospitaliers de Kinshasa et Kisangani.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement progressif des relations de coopération entre Moscou et Kinshasa, notamment dans les domaines sanitaire, académique et humanitaire, alors que les besoins en infrastructures médicales spécialisées et en formation du personnel de santé demeurent importants en RDC.
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