La lutte contre Ebola se joue désormais aussi sur le terrain de l’information. Alors que l’Ituri affronte sa 17ᵉ épidémie, les autorités provinciales ont annoncé des mesures strictes contre la diffusion de fausses informations accusées de freiner les opérations sanitaires. Dans un communiqué rendu public lundi, le gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama met en garde contre les rumeurs susceptibles d’alimenter la méfiance des populations envers les équipes médicales. Au moment où la surveillance épidémiologique se renforce dans plusieurs zones sensibles, le ministre de la Santé Roger Kamba et l’OMS accélèrent également le déploiement des moyens sanitaires pour tenter de contenir la propagation du virus.
En pleine résurgence d’Ebola en Ituri, les autorités congolaises resserrent leur dispositif de riposte autour d’un nouvel enjeu jugé critique : la lutte contre la désinformation.
Dans un communiqué signé le 17 mai et rendu public lundi, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, a annoncé des mesures sévères contre toute diffusion de rumeurs ou de messages trompeurs liés à la maladie.
Selon les autorités provinciales, les fausses informations circulant dans certaines communautés alimentent la peur, les résistances sociales et la méfiance envers les équipes sanitaires déployées dans les zones affectées.
Le gouverneur militaire avertit ainsi que toute personne impliquée dans la propagation de rumeurs sur Ebola s’expose désormais à des sanctions.
Cette décision intervient alors que les autorités sanitaires tentent d’intensifier la sensibilisation communautaire dans une province fragilisée à la fois par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès à certaines localités.
Une méfiance qui complique la riposte
Les autorités sanitaires estiment que la désinformation constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’efficacité des opérations de riposte contre Ebola.
Selon le gouvernorat, les rumeurs contribuent à éloigner certaines communautés des structures médicales, compliquent l’identification rapide des cas suspects et retardent parfois l’accès des équipes sanitaires aux zones touchées.
Dans plusieurs précédentes flambées épidémiques enregistrées dans l’Est de la RDC, les campagnes de désinformation avaient déjà fortement perturbé les opérations de vaccination, de suivi des contacts et d’isolement des malades.
Face à cette situation, le gouverneur Johnny Luboya appelle la population à se référer exclusivement aux informations officielles diffusées par le ministère de la Santé et les canaux agréés. Les autorités insistent également sur le rôle des leaders communautaires, des médias locaux et des citoyens dans la sensibilisation des populations afin de limiter la circulation des fausses informations.
Sur le terrain, les équipes sanitaires poursuivent le renforcement du dispositif de surveillance épidémiologique dans plusieurs zones considérées comme prioritaires.
Les localités de Mongwalu et Rwampara figurent notamment parmi les foyers placés sous haute vigilance après l’enregistrement de cas suspects et confirmés.
Des experts spécialisés en communication des risques, en prévention des infections et en soins cliniques ont été mobilisés pour appuyer les équipes locales engagées dans la riposte.
L’objectif est d’accélérer la détection précoce des cas, renforcer le suivi des contacts et améliorer la prise en charge des patients afin de casser rapidement les chaînes de transmission.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

