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21 mai, 2026 - 00:38:18
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Christophe Bitasimwa engage l’IGF dans l’ère du contrôle systémique 

L’Inspection générale des finances (IGF) tourne une page majeure de son histoire. Après six années marquées par les « patrouilles financières », l’institution dirigée par Christophe Bitasimwa Bahii adopte désormais le contrôle systémique, un dispositif présenté comme permanent, numérique et fondé sur l’analyse des données en temps réel. Annoncée mercredi 20 mai à Kinshasa, cette réforme vise à détecter les failles avant les détournements, à renforcer la traçabilité des flux publics et à moderniser durablement la gouvernance financière de la RDC. À travers un plan stratégique 2026-2028 évalué à 39 millions de dollars, l’IGF entend se repositionner comme un véritable organe d’intelligence financière au cœur de l’État.

L’Inspection générale des finances (IGF) amorce un virage stratégique majeur dans la surveillance des finances publiques en République démocratique du Congo. Réuni mercredi 20 mai à Kinshasa devant la presse, l’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a officialisé l’abandon progressif des « patrouilles financières » au profit d’un contrôle systémique présenté comme plus moderne, permanent et centré sur l’exploitation intelligente des données financières.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre du lancement du Plan stratégique triennal et directeur de digitalisation de l’IGF pour la période 2026-2028, destiné à transformer en profondeur le fonctionnement du principal organe de contrôle financier de l’État congolais, près de quatre décennies après sa création.

Une surveillance en temps réel des flux publics

Face à la complexification croissante des circuits financiers et à l’essor des technologies numériques, l’IGF veut désormais passer d’une logique d’intervention ponctuelle à une surveillance continue des systèmes de gestion publique.

« Le contrôle systémique est un contrôle permanent, à temps réel, interconnecté et analytique, centré sur la traçabilité, la cohérence et la performance des systèmes de gestion publique », a déclaré Christophe Bitasimwa Bahii au cours de cette conférence de presse.

Selon le chef de service de l’IGF, cette nouvelle approche repose sur l’interconnexion des systèmes fiscaux, douaniers, budgétaires, bancaires et des marchés publics afin d’identifier rapidement les incohérences, les risques de fraude ou les défaillances administratives avant qu’elles ne produisent des pertes pour le Trésor public.

L’objectif affiché n’est plus uniquement de sanctionner des irrégularités déjà commises, mais de comprendre les mécanismes qui favorisent les détournements afin de corriger les failles structurelles du système financier congolais.

« Il est préventif, numérique, analytique, structurant et évolutif », a insisté Christophe Bitasimwa, détaillant un modèle capable de « détecter les défaillances avant les pertes » et d’adapter en continu les méthodes de contrôle aux évolutions technologiques.

La fin progressive des “patrouilles financières”

L’IGF reconnaît ainsi les limites du modèle de contrôle qui a marqué les premières années du mandat du président Félix Tshisekedi. Lancées pour restaurer l’autorité de l’État dans la gestion des finances publiques, les patrouilles financières avaient permis à l’institution de gagner en visibilité dans la lutte contre la corruption et les détournements.

Mais six ans après leur mise en œuvre, Christophe Bitasimwa estime que ce mécanisme montre désormais ses faiblesses.

« Il n’est pas viable de poursuivre à l’identique la stratégie centrée sur la patrouille financière », a-t-il affirmé.

Le responsable de l’IGF évoque notamment « une lourdeur opérationnelle », des coûts humains et financiers importants, ainsi qu’une efficacité jugée insuffisamment durable après le retrait des équipes de contrôle. Il cite également les critiques liées à une perception de « cogestion » ou d’« étouffement des gestionnaires publics ».

Pour l’IGF, le travail manuel ne permet plus de suivre efficacement la multiplication et la sophistication des flux financiers à l’ère du numérique. Le contrôle systémique doit donc permettre une surveillance automatisée et permanente des opérations publiques grâce à l’exploitation des données.

Un plan de transformation à 39 millions de dollars

Cette mutation institutionnelle repose sur un programme triennal estimé à 39 millions de dollars américains, soit environ 13 millions par an. D’après Christophe Bitasimwa, 22 millions de dollars ont déjà été mobilisés, laissant un besoin complémentaire de 17 millions à couvrir.

Le plan stratégique 2026-2028 s’articule autour de six axes prioritaires : la transformation digitale et la maîtrise de l’information, le contrôle fondé sur les risques, la protection du patrimoine public, le renforcement de la gouvernance économique et financière, l’amélioration de la qualité de la dépense publique ainsi que le renforcement institutionnel de l’IGF à travers notamment sa déconcentration.

À travers cette réforme, l’institution veut désormais se positionner comme un organe d’intelligence financière capable de disposer d’une vision globale des flux économiques et budgétaires du pays en temps réel.

« D’où la nécessité d’adopter un nouveau paradigme basé sur un contrôle systémique et intelligent, fondé sur la maîtrise de la donnée, la traçabilité et l’analyse intégrée de tous les circuits financiers », a martelé Christophe Bitasimwa.

Ce changement de doctrine marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de gouvernance financière de la RDC, avec l’ambition affichée de prévenir les fuites de capitaux avant même qu’elles ne surviennent et de sécuriser durablement les ressources publiques.

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