Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a placé le gouvernement en état d’alerte sanitaire maximale. Réuni mercredi 20 mai à la Cité de l’Union africaine, le Conseil des ministres extraordinaire a acté une série de mesures d’urgence destinées à contenir la propagation de l’épidémie dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Renforcement du contrôle épidémiologique, déploiement massif des campagnes de sensibilisation, sécurisation des équipes médicales et mobilisation rapide des ressources financières : l’exécutif congolais veut éviter une nouvelle flambée incontrôlée d’Ebola, alors que le pays fait face à sa dix-septième épidémie.
La résurgence de la maladie à virus Ebola dans certaines zones des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri a placé les autorités congolaises en état d’alerte maximale. Réuni mercredi 20 mai à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Conseil des ministres extraordinaire présidé par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a essentiellement consacré ses travaux à la gestion de cette nouvelle crise sanitaire qui menace plusieurs zones de l’Est du pays.
Face à l’évolution préoccupante de la situation épidémiologique, le président de la République a ordonné une intensification immédiate de la riposte sanitaire sur l’ensemble du territoire concerné, avec un accent particulier sur la prévention, la détection rapide des cas et la sensibilisation des populations.
Une réunion de crise autour d’Ebola
Avant même la tenue du Conseil des ministres, Félix Tshisekedi avait convoqué dans la nuit du 18 mai une réunion de crise à la Cité de l’Union africaine en présence de la Première ministre, des ministres sectoriels concernés ainsi que du directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
À cette occasion, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, de retour d’une mission en Ituri, avait présenté au chef de l’État un rapport préliminaire sur la situation sanitaire ainsi que les premiers mécanismes de riposte déjà activés sur le terrain.
Selon le compte rendu du Conseil, le président de la République a instruit le gouvernement de « mettre immédiatement en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de renforcer la riposte sanitaire, contenir la propagation de la maladie et assurer une prise en charge rapide, coordonnée et efficace des populations concernées ».
Renforcement du contrôle sanitaire et des capacités de dépistage
Parmi les mesures annoncées figure le renforcement immédiat des dispositifs nationaux de veille sanitaire et de contrôle épidémiologique.
« Il a ordonné le renforcement immédiat des dispositifs nationaux de veille sanitaire, du contrôle épidémiologique, des capacités de dépistage, des mécanismes d’isolement et de prise en charge des cas, ainsi que la sécurisation des équipes médicales et des structures dans les zones affectées », indique le compte rendu lu à la télévision nationale.
L’exécutif veut ainsi empêcher une propagation rapide du virus dans les provinces déjà fragilisées par l’insécurité et les déplacements de populations.
Le président Tshisekedi a également insisté sur l’application stricte des mesures barrières dans les espaces publics, administratifs, scolaires, universitaires, sanitaires, religieux et communautaires.
Le gouvernement devra notamment mettre en œuvre « un protocole renforcé des mesures barrières » accompagné d’« une vaste campagne nationale de sensibilisation et de communication de crise destinée à informer, rassurer et mobiliser efficacement les populations ».
Radios, écoles et églises mobilisées
Dans le cadre de cette riposte, le chef de l’État a demandé au ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement d’activer l’ensemble des canaux disponibles afin d’assurer une diffusion massive des messages de prévention.
Les radios communautaires, les télévisions, les plateformes numériques ainsi que les services de messagerie devront être mobilisés pour intensifier les campagnes d’information sur les gestes de prévention et les comportements à adopter face au virus.
Les milieux scolaires et universitaires sont également placés au cœur du dispositif gouvernemental. Félix Tshisekedi a chargé la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale ainsi que la ministre de l’Enseignement supérieur d’organiser des campagnes spécifiques de sensibilisation en coordination avec le ministère de la Santé.
Le chef de l’État a, en outre, appelé les confessions religieuses et les responsables des églises à participer activement à la sensibilisation des fidèles afin de limiter les risques de contamination dans les lieux de culte et les rassemblements communautaires.
Une mobilisation financière et sécuritaire
Sur le plan financier, le président de la République a demandé au ministre des Finances d’assurer une mobilisation rapide des ressources nécessaires à la riposte sanitaire.
Le gouvernement est également appelé à intensifier les démarches auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que des bailleurs de fonds internationaux afin d’obtenir un soutien supplémentaire pour les opérations sur le terrain.
Le Conseil des ministres souligne par ailleurs que la RDC fait face à sa dix-septième épidémie d’Ebola, mais dispose aujourd’hui d’« une expérience avérée, d’une expertise scientifique reconnue et de capacités opérationnelles » pour organiser efficacement la riposte.
Dans les zones sous menace sécuritaire, les FARDC ont aussi été mises à contribution. Le chef d’état-major général a reçu instruction d’imposer des mesures sanitaires strictes au sein des unités militaires engagées dans les provinces affectées afin de prévenir toute propagation du virus parmi les troupes.
Enfin, le ministre de la Santé publique devra désormais présenter quotidiennement au président de la République un rapport détaillé sur l’évolution de la situation épidémiologique et sur l’état d’exécution des mesures arrêtées dans le cadre de cette nouvelle riposte nationale contre Ebola.
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