Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue de polariser la scène politique congolaise. Dans une sortie particulièrement critique, l’ancien député national Serge Mayamba estime que les acteurs qui encouragent le président Félix Tshisekedi à engager une réforme constitutionnelle « le combattent subrepticement ». Dans un contexte marqué par l’état de siège et l’occupation d’une partie du territoire national par les rebelles de l’AFC-M23, l’ancien élu de la Tshangu considère qu’un tel débat risque d’affaiblir la légitimité du pouvoir aussi bien sur le plan interne qu’international.
L’ancien député national Serge Mayamba a vivement dénoncé jeudi les appels au changement de la Constitution en République démocratique du Congo, estimant que cette démarche constitue un piège politique destiné à fragiliser le président Félix Tshisekedi.
Dans un entretien avec Infos27, l’ancien élu de la circonscription de la Tshangu a jugé « illogique » de relancer le débat constitutionnel dans un contexte marqué par l’état de siège et l’occupation d’une partie du territoire national par les rebelles de l’AFC-M23 et les forces rwandaises.
« Ceux qui poussent le chef de l’État vers le changement de la Loi fondamentale le combattent, en réalité, subrepticement », a déclaré Serge Mayamba.
Selon lui, cette campagne pousse le pouvoir à « naviguer à contre-courant » et risque d’affaiblir la légitimité nationale et internationale du régime en place.
Un “piège politique” contre Félix Tshisekedi
Dans son analyse, Serge Mayamba estime que certains adversaires du chef de l’État se seraient infiltrés parmi ses soutiens afin de l’encourager à s’engager dans une réforme constitutionnelle susceptible de raviver les tensions politiques.
« Il y a des loups dans la bergerie », a-t-il affirmé, estimant que cette stratégie viserait à exposer les véritables intentions du pouvoir et à provoquer une contestation politique plus large.
L’ancien parlementaire considère que ce scénario aurait commencé à produire ses effets après les récentes déclarations de Félix Tshisekedi se montrant ouvert à des réformes constitutionnelles.
Selon lui, cette position a permis à ses adversaires de présenter le président comme un dirigeant prêt à « passer outre la légalité », alimentant ainsi les critiques de l’opposition ainsi que celles de certaines confessions religieuses.
Des réactions internationales évoquées
Serge Mayamba a également évoqué les réactions enregistrées à l’international après les débats liés à la Constitution.
Il cite notamment les prises de position de Tibor Nagy et de Louis Michel, qui auraient exprimé leurs inquiétudes quant à l’évolution du débat politique en RDC.
Selon l’ancien député, une réforme constitutionnelle pourrait accentuer les pressions diplomatiques sur Kinshasa et fragiliser davantage les relations avec certains partenaires occidentaux.
« Si les Républicains voient que le soutien à Félix Tshisekedi menace leurs sièges au Congrès, ils n’hésiteront nullement à le sacrifier », a-t-il déclaré en évoquant les débats politiques aux États-Unis.
Deux scénarios pour une prolongation sans révision constitutionnelle
Au-delà de ses critiques contre le changement de la Constitution, Serge Mayamba estime que les circonstances actuelles permettraient au président Tshisekedi d’exercer le pouvoir au-delà de 2028 sans modifier les articles verrouillés de la Constitution.
Il évoque d’abord l’impossibilité d’organiser des élections normales dans un contexte marqué par l’occupation d’une partie du territoire national par les rebelles et les forces étrangères.
Selon lui, organiser des élections dans ces conditions reviendrait à « officialiser l’abandon » des zones occupées.
L’ancien parlementaire avance également l’hypothèse d’un dialogue national impliquant les forces politiques, la société civile et la rébellion.
« Si ce dialogue débouche sur un gouvernement d’union nationale, le pays devra se doter d’une nouvelle loi fondamentale pour régir la transition », a-t-il expliqué.
Dans ce cas, précise-t-il, la Constitution actuelle « tomberait par consensus national et non par une décision unilatérale du chef de l’État ».
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