Le gouvernement congolais accentue sa politique de répression contre l’exploitation minière illégale impliquant des ressortissants étrangers dans plusieurs provinces du pays. Répondant lundi à une question orale avec débat initiée par le député national Pierre Sumeyi Kitenge, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a annoncé devant l’Assemblée nationale une série de mesures comprenant la fermeture des sites clandestins, la saisie des équipements, les poursuites judiciaires et l’expulsion des opérateurs étrangers impliqués dans l’exploitation illicite. Le ministre a également défendu les réformes engagées dans le secteur minier, notamment la création de 64 Zones d’exploitation artisanale et le renforcement de la traçabilité des minerais stratégiques.
L’exploitation minière illégale impliquant des opérateurs étrangers dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo constitue désormais, pour le gouvernement, une question de souveraineté économique, de sécurité minière et de restauration de l’autorité de l’État, a déclaré lundi à Kinshasa le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale.
Le ministre répondait à une question orale avec débat initiée par le député national Pierre Sumeyi Kitenge autour de plusieurs dossiers sensibles liés à la gouvernance minière, notamment le système de quotas d’exploitation du cobalt instauré par l’ARECOMS, la suspension de certaines entités de traitement de la filière cupro-cobaltifère ainsi que la participation des travailleurs congolais au capital des sociétés minières.
Pendant plusieurs heures d’échanges avec les élus nationaux, Louis Watum Kabamba a défendu la stratégie gouvernementale de régulation du secteur minier et insisté sur la nécessité de protéger les intérêts économiques de la République.
« L’exploitation minière illicite par des opérateurs étrangers dans le Maniema est traitée comme une question de souveraineté économique, de sécurité minière et de restauration de l’autorité de l’État », a déclaré le ministre devant l’hémicycle.
Une offensive contre les réseaux miniers clandestins
Face aux députés nationaux, le ministre des Mines a détaillé les mesures déjà engagées pour restaurer l’autorité de l’État dans les zones minières confrontées à l’exploitation clandestine.
Il a notamment évoqué la fermeture des sites illégaux, les poursuites contre les exploitants clandestins, la saisie des équipements utilisés dans les activités frauduleuses ainsi que le renforcement du contrôle des exportations minières.
Selon Louis Watum Kabamba, une vaste offensive contre les réseaux d’exploitation illégale est déjà en cours dans plusieurs provinces minières, notamment le Lualaba, le Haut-Katanga, l’Ituri, le Haut-Uélé et le Maniema.
Le ministre a également cité une mission de l’Inspection générale des mines menée dans les territoires de Mwenga et Shabunda, au Sud-Kivu, dans le cadre de l’identification et du démantèlement des réseaux opérant dans l’exploitation illicite des minerais.
« Ces actions consistent notamment à procéder au nettoyage du fichier cadastral minier, à fermer les sites illégaux, à saisir les équipements clandestins, à engager des poursuites judiciaires et à expulser ou interdire de séjour les ressortissants étrangers impliqués dans ces activités illégales », a-t-il expliqué.
Le gouvernement prévoit également la confiscation des produits issus de l’exploitation frauduleuse ainsi que l’obligation de remise en état des sites dégradés par les activités minières clandestines.
Réformes structurelles et traçabilité des minerais
Au cours des débats, Louis Watum Kabamba a également mis en avant plusieurs réformes structurelles engagées dans le secteur minier congolais.
Le ministre a notamment évoqué la création effective de 64 Zones d’exploitation artisanale (ZEA), destinées à encadrer l’activité minière artisanale au profit des coopératives congolaises.
Selon lui, ces réformes visent à transformer l’exploitation artisanale en véritable levier de développement économique pour les communautés locales.
Le ministre a également insisté sur la digitalisation des mécanismes de contrôle, la traçabilité des minerais stratégiques et la réduction des pertes de recettes minières.
Le gouvernement entend par ailleurs renforcer les mécanismes transparents d’achat des minerais stratégiques, notamment à travers l’Entreprise Générale du Cobalt.
Des députés satisfaits des réponses du ministre
Les échanges ont aussi porté sur la prise en charge des populations affectées par certaines activités minières ainsi que sur la volonté des autorités de faire émerger de véritables champions miniers congolais capables de jouer un rôle central dans l’économie nationale.
À l’issue des débats parlementaires, plusieurs députés nationaux ont exprimé leur satisfaction quant aux réponses apportées par le ministre des Mines.
Des élus ont salué sa maîtrise des dossiers, sa disponibilité ainsi que sa volonté affichée d’assainir durablement le secteur minier congolais.
Pour plusieurs intervenants, cette prestation traduit l’engagement du gouvernement à faire du secteur minier un véritable levier de développement national conformément à la vision du président Félix Tshisekedi, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
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