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1 juin, 2026 - 20:20:16
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Chebeya-Bazana : la VSV exige un nouveau procès contre John Numbi

Seize ans après l’assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de Fidèle Bazana, la Voix des Sans Voix (VSV) relance avec force le combat contre l’impunité. À l’occasion de cette commémoration, l’organisation de défense des droits humains estime que les récentes réformes de la justice militaire lèvent désormais les obstacles juridiques à la tenue d’un nouveau procès impliquant l’ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise, John Numbi. La VSV réclame également le jugement des autres personnes poursuivies dans ce dossier emblématique et appelle les autorités à faire toute la lumière sur ce qu’elle continue de qualifier de « crime d’État ».

Seize ans après l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana, la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV) a renouvelé, lundi 1er juin, son appel à la réouverture du procès dans cette affaire qui demeure l’un des dossiers judiciaires les plus emblématiques de la République démocratique du Congo.Dans une déclaration publiée à l’occasion de la commémoration du seizième anniversaire de ce double drame, l’organisation affirme que les avancées enregistrées au sein de la justice militaire ouvrent désormais la voie à un nouveau procès visant notamment l’ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise, le général John Numbi Banza Tambo.

« La VSV ainsi que tous les défenseurs des droits humains en RDC et à travers le monde demeurent en attente d’un nouveau procès, celui du Lt-Général John Numbi Banza Tambo et consorts sur l’assassinat ou mieux le crime d’État dans l’affaire Floribert Chebeya et Fidèle Bazana », indique le communiqué.

La lutte contre l’impunité remise au centre du débat

Pour la VSV, les avancées judiciaires enregistrées ces dernières années demeurent incomplètes tant que les principaux suspects n’auront pas comparu devant la justice.
L’organisation estime que l’impunité continue de marquer cette affaire malgré les condamnations déjà prononcées par les juridictions militaires contre plusieurs personnes impliquées dans ce dossier.
« Cette seizième commémoration est toujours marquée par un verre à moitié plein, aussi longtemps que le général John Numbi continuera à jouir de l’impunité et à demeurer libre de ses mouvements », souligne la VSV.

L’organisation considère que la lutte contre l’impunité des crimes commis contre les défenseurs des droits humains constitue un impératif pour la consolidation de l’État de droit en RDC.

Les réformes judiciaires invoquées

Au cœur de l’argumentaire développé par la VSV figure l’Ordonnance-loi n°26/003 du 31 janvier 2026 modifiant certaines dispositions du Code judiciaire militaire.
Selon l’organisation, cette réforme permet désormais la désignation de magistrats de grade inférieur pour connaître des dossiers impliquant des prévenus de grade supérieur lorsque les conditions l’exigent.
Pour la VSV, cette évolution juridique supprime les obstacles qui avaient souvent été évoqués pour justifier l’absence de poursuites contre certains hauts gradés.

« Avec l’évolution positive au niveau de la justice militaire, aucun prétexte ne peut justifier l’impunité dont jouit le général John Numbi dans cette affaire », affirme le communiqué.
L’organisation estime également que la réouverture du procès pourrait bénéficier des témoignages et renseignements déjà recueillis dans le dossier, notamment ceux attribués au colonel Paul Mwilambwe, présenté comme un témoin clé de l’affaire.

Appel à juger les autres prévenus

Au-delà du cas John Numbi, la VSV réclame également l’organisation rapide du procès d’autres personnes poursuivies dans ce dossier.
L’organisation cite notamment le général Zelwa Katanga, surnommé « Djadjidja », ainsi que d’autres prévenus actuellement détenus.
Selon elle, leur jugement permettrait de mettre fin à une situation assimilée à une détention prolongée sans décision définitive de justice.

« Le moment est plus qu’indiqué pour que certaines personnes en détention connaissent enfin leur sort concernant leur implication dans cet ignoble assassinat », soutient la VSV.
L’assassinat de Floribert Chebeya, alors directeur exécutif de la VSV, et la disparition de Fidèle Bazana en juin 2010 avaient suscité une vive émotion en RDC et à l’étranger.
Considéré comme l’une des principales figures de la défense des droits humains dans le pays, Floribert Chebeya avait consacré plusieurs décennies à la promotion des libertés fondamentales et à la dénonciation des violations des droits de l’homme.

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