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10 juin, 2026 - 14:57:34
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Human Rights Watch : torture, exécutions, fosses communes, le rapport qui accable Kigali et le M23

Un rapport de 87 pages publié par Human Rights Watch jette une lumière crue sur les violences commises dans l’Est de la République démocratique du Congo entre mi-2024 et décembre 2025. L’organisation accuse l’armée rwandaise et les rebelles du M23 d’avoir orchestré une vaste campagne de recrutements forcés, de détentions abusives et de mauvais traitements visant combattants capturés, civils et enfants. Intitulé « La mort était partout », le document décrit des actes de torture, des exécutions, du travail forcé et l’utilisation d’enfants soldats, des faits que l’ONG estime susceptibles de constituer des crimes de guerre et, pour certains, des crimes contre l’humanité.

C’est un rapport particulièrement accablant que vient de publier Human Rights Watch (HRW) sur la guerre qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo. Dans ce document de 87 pages intitulé « La mort était partout », l’organisation internationale de défense des droits humains accuse l’armée rwandaise et les rebelles du M23 d’avoir mené, entre mi-2024 et décembre 2025, une vaste campagne de recrutement forcé, de détention abusive et de violences systématiques dans les territoires sous leur contrôle.

Selon HRW, les victimes de ces opérations comprennent des militaires congolais capturés, des combattants Wazalendo, des civils ainsi que des enfants parfois âgés d’à peine douze ans. Le rapport décrit un ensemble d’exactions commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les rebelles du M23 et les militaires rwandais sont accusés d’avoir procédé à des rafles de grande ampleur.

« Les autorités rwandaises pourraient être reconnues pénalement responsables des actions des forces du M23, y compris dans les centres d’entraînement », indique notamment le rapport.

Des camps de formation transformés en lieux d’abus

L’organisation affirme avoir documenté de graves violations des droits humains dans les camps de formation militaire de Rumangabo et de Tshanzu. Ces sites auraient servi à la fois de centres d’entraînement, de détention et de recrutement forcé.

Human Rights Watch y recense des meurtres, des actes de torture, des châtiments corporels, le recours au travail forcé ainsi que l’enrôlement d’enfants soldats. Plusieurs témoignages évoquent des sévices répétés infligés aux recrues et aux détenus.

« Les combattants du M23, soutenus par le personnel militaire rwandais, ont commis des meurtres, des actes de torture, des châtiments corporels et ont eu recours au travail forcé et à des enfants soldats. Ces abus constituent des crimes de guerre et devraient faire l’objet d’enquêtes en tant que possibles crimes contre l’humanité », souligne le document.

Le rapport révèle également que des dizaines de détenus morts à la suite des mauvais traitements ou des conditions de détention auraient été enterrés dans des fosses communes, sans identification ni procédure judiciaire.

Selon HRW, l’armée rwandaise et le M23 auraient conduit une campagne systématique visant à renforcer leurs effectifs militaires par la contrainte. Des milliers de personnes auraient été arrêtées ou capturées avant d’être transférées vers les camps de formation.

« Les forces militaires rwandaises et le groupe armé M23 ont mené une campagne de recrutement forcé et de détention abusive de milliers de combattants capturés et de civils dans l’est de la République démocratique du Congo », affirme l’organisation.

Le rapport mentionne notamment le recrutement forcé de civils dans les zones occupées ainsi que l’utilisation d’enfants dans les activités militaires, en violation des conventions internationales relatives à la protection des mineurs.

Des appels à rendre des comptes

Human Rights Watch appelle les organisations régionales et les gouvernements partenaires à accroître la pression sur Kigali afin de mettre fin aux abus dénoncés et d’engager des poursuites contre les responsables.

« Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires devraient faire pression sur les autorités rwandaises pour qu’elles mettent fin à ces graves abus et veillent à ce que les responsables répondent de leurs actes », recommande l’organisation.

Pour rappel, depuis la reprise des offensives du M23, soutenu par le Rwanda, dans l’Est de la République démocratique du Congo, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu font face à une aggravation continue de la crise humanitaire. Cette situation a entraîné des déplacements massifs de populations civiles et donné lieu à de nombreuses violations des droits humains documentées par des organisations nationales et internationales.

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