Il n’y a plus de doute. Les atrocités perpétrées dans l’Est de la République démocratique du Congo par les combattants du M23 et leurs alliés rwandais – meurtres, tortures, châtiments corporels, recrutement forcé, travail obligatoire et enrôlement d’enfants soldats – constituent bel et bien des crimes de guerre.
Le rapport accablant de Human Rights Watch, rendu public mercredi, est sans équivoque : les autorités rwandaises pourraient être reconnues pénalement responsables des actions du M23, y compris dans les centres d’entraînement. Les témoignages recueillis et les preuves documentées dressent un tableau macabre qui ne peut plus être ignoré.
Face à cette réalité, des questions brûlantes s’imposent : jusqu’où ira le président Paul Kagame et son armée ? Que vaut la parole de Kigali, qui foule aux pieds les accords de cessez-le-feu signés sous l’égide des États-Unis ? Combien de morts faudra-t-il encore pour que la communauté internationale cesse de fermer les yeux et sanctionne enfin ce régime ?
Car appeler à la paix sans exiger justice, c’est jouer le jeu de l’agresseur. C’est laisser le pyromane se déguiser en pompier. Les victimes, elles, attendent réparation. Les coupables doivent répondre de leurs actes.
Heureusement, Human Rights Watch ne se contente pas de dénoncer. L’organisation appelle les organismes régionaux et les gouvernements partenaires à exercer une pression réelle sur Kigali afin de mettre fin aux atrocités. Le rapport, fruit d’une enquête minutieuse, décrit des camps de formation où les recrues subissent tortures et mauvais traitements aux conséquences parfois mortelles.
Pour que la paix durable s’installe enfin dans l’Est meurtri de la RDC, il est temps de franchir une étape décisive : qualifier ces exactions de crimes contre l’humanité et traduire leurs auteurs devant la justice internationale. C’est à ce prix que la stabilité pourra renaître et que les populations congolaises retrouveront l’espérance.
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