Sécurité, infrastructures, finances locales, gouvernance et développement : après plusieurs mois de consultations menées à travers tout le pays, le Sénat a condensé les préoccupations des populations des 26 provinces dans un rapport national destiné à orienter l’action publique. Adopté en séance plénière, ce document de 148 pages rassemble les attentes exprimées par les citoyens auprès de leurs élus et formule des recommandations adressées au Gouvernement central et aux exécutifs provinciaux. Au-delà d’un simple exercice institutionnel, la Chambre haute entend faire de cette synthèse un véritable instrument d’aide à la décision pour répondre aux urgences identifiées sur le terrain.
Le Sénat de la République démocratique du Congo a clôturé l’exercice des vacances parlementaires en adoptant, en séance plénière, le rapport-synthèse national couvrant la période allant du 16 décembre 2025 au 14 mars 2026. Ce document rassemble les préoccupations, attentes et recommandations recueillies dans les 26 provinces du pays à l’issue des consultations menées par les sénateurs auprès des différentes composantes de la population.
L’adoption de ce rapport marque l’aboutissement d’une mission constitutionnelle dévolue à la Chambre haute, conformément à l’article 104, alinéa 2, de la Constitution ainsi qu’à l’article 240 de son Règlement intérieur. À travers cet exercice, les élus des provinces sont appelés à retourner auprès de leurs bases afin de recueillir les préoccupations des citoyens et d’en assurer la transmission aux institutions compétentes.
Présenté par une commission ad hoc, le rapport consolide les synthèses élaborées dans chacune des 26 provinces de la République. Les consultations ont associé un large éventail d’acteurs, notamment les autorités politico-administratives, les représentants des services judiciaires et sécuritaires, les chefs coutumiers ainsi que les organisations de la société civile.
La lecture des conclusions a été assurée par la sénatrice Madeleine Nikomba, élue de la province de la Tshopo. Elle a souligné que ces échanges ont permis de dresser un état des lieux représentatif des réalités vécues par les populations sur l’ensemble du territoire national.
À travers cette démarche, le Sénat a cherché à recueillir les attentes des citoyens au-delà des clivages géographiques ou institutionnels, afin de disposer d’une vision globale des défis auxquels les provinces demeurent confrontées.
Un document de 148 pages pour orienter les décisions publiques
Le rapport adopté comprend 148 pages articulées autour de quatre grands chapitres. Le premier est consacré aux progrès enregistrés dans différents secteurs de la vie nationale. Le deuxième répertorie les problèmes communs aux provinces ainsi que les recommandations formulées pour y répondre.
Le troisième chapitre met en évidence les préoccupations spécifiques à chaque province et propose des réponses adaptées aux réalités locales. Enfin, le quatrième rassemble les résolutions destinées à être soumises à l’Exécutif national en vue de leur prise en compte dans la conduite des politiques publiques.
Cette architecture permet de distinguer les défis nationaux des problématiques locales tout en offrant aux décideurs une lecture structurée des besoins exprimés sur le terrain.
Parmi les principales préoccupations recensées figurent les questions sécuritaires, particulièrement dans l’Est du pays où persistent les défis liés aux groupes armés. Le rapport évoque également la situation dans la province du Sankuru, où les acteurs locaux fondent des espoirs sur une amélioration du climat de stabilité avec l’installation du nouveau gouverneur, Victor Kitenge Lodi.
Les sénateurs se sont également penchés sur l’état d’exécution des projets d’infrastructures, la gestion des finances publiques au niveau des entités territoriales décentralisées ainsi que le niveau d’exécution budgétaire des provinces.
Le document établit par ailleurs une hiérarchisation des doléances formulées par les populations afin de permettre aux autorités compétentes de cibler les interventions les plus urgentes.
Au-delà de sa portée institutionnelle, le Sénat entend faire de ce rapport un outil d’orientation stratégique pour les pouvoirs publics. Les conclusions et recommandations formulées visent à renforcer l’efficacité des politiques publiques tant au niveau national que provincial.
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