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18 juin, 2026 - 19:25:56
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Sud-Kivu : Paluku lance la digitalisation des frontières contre la fraude

La lutte contre la fraude douanière et le coulage des recettes publiques dans le Sud-Kivu entre dans une nouvelle phase. Réunis à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki et le CEO d’Azania Group, Mohamed Eidha Awadh, ont accéléré la mise en place d’un système de digitalisation des procédures frontalières destiné à sécuriser les recettes de la province. Présenté comme un projet pilote appelé à être étendu à l’ensemble du pays, ce dispositif vise à moderniser la collecte des taxes, renforcer la transparence des opérations commerciales et soutenir le financement des besoins sécuritaires et des infrastructures.

Selon les informations présentées au cours de la réunion, le futur système permettra de moderniser la gestion des postes frontaliers et d’assurer une collecte plus efficace des taxes et redevances liées aux échanges commerciaux transfrontaliers. Les autorités entendent ainsi renforcer la traçabilité des opérations, réduire les pertes de recettes et améliorer la gouvernance du commerce extérieur.

Les échanges ont mis en lumière l’ampleur des défis auxquels fait face le Sud-Kivu dans la mobilisation de ses ressources financières. D’après les données évoquées lors de la rencontre, la province enregistrerait des pertes estimées à près de 33 millions de dollars américains chaque mois en raison de la fraude, du dumping et des failles dans les mécanismes de perception.

Pour les autorités, la digitalisation des procédures constitue un outil stratégique susceptible de réduire ces pertes en limitant les manipulations manuelles et en renforçant le contrôle des flux commerciaux aux frontières.

Le projet s’inscrit également dans le cadre des engagements pris par la République démocratique du Congo au sein de plusieurs organisations régionales, notamment le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

L’objectif poursuivi est de favoriser une meilleure intégration commerciale tout en garantissant une perception plus rigoureuse des recettes publiques.

L’expertise tanzanienne mise à contribution

La RDC entend s’appuyer sur l’expertise développée par la Tanzanie dans le domaine de la digitalisation des procédures frontalières. À travers Azania Group, les autorités congolaises souhaitent bénéficier de solutions technologiques capables de transformer les mécanismes traditionnels de gestion des frontières en systèmes numériques intégrés.

Le Sud-Kivu a été retenu comme province pilote pour cette réforme. Son positionnement stratégique au cœur des échanges avec plusieurs pays voisins en fait un laboratoire idéal pour expérimenter ce dispositif avant son éventuelle extension à d’autres provinces.

Pour les promoteurs du projet, la numérisation des opérations permettra non seulement de renforcer les recettes publiques, mais aussi de sécuriser davantage les échanges commerciaux et de réduire les opportunités de fraude.

Le RECOS au cœur des discussions

La réunion a également porté sur la consolidation de la mise en œuvre du Régime commercial simplifié (RECOS), lancé le 30 octobre 2024 entre la RDC et le Burundi au poste frontalier de Kavimvira-Gatumba.

Ce mécanisme vise à faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers grâce à des procédures allégées et à un cadre réglementaire adapté aux échanges de proximité.

Les participants ont examiné les moyens de renforcer l’efficacité de ce régime tout en l’articulant avec les futures solutions numériques destinées à améliorer la gestion des frontières.

Une évaluation prévue dans 45 jours

À l’issue de la rencontre, le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki a salué l’accompagnement du gouvernement central à travers le ministère du Commerce extérieur dans la recherche de solutions structurelles aux défis économiques du Sud-Kivu.

De son côté, Julien Paluku Kahongya a souligné que la digitalisation des frontières permettra de substituer progressivement les procédures physiques par des mécanismes numériques plus transparents et plus performants dans la mobilisation des recettes publiques.

Le ministre a indiqué qu’une évaluation rigoureuse du projet pilote devra intervenir dans un délai de 45 jours afin d’apprécier les premiers résultats et d’envisager, le cas échéant, le déploiement progressif du système sur l’ensemble du territoire national.

Infos27

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