L’homélie prononcée le 30 juin par le cardinal Fridolin Ambongo à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance continue d’alimenter le débat public. Invité, mercredi, de l’émission « Congolais Telema » sur la télévision nationale (RTNC), le journaliste Éric Wemba a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une politisation de l’Église catholique, établissant un parallèle entre le rôle qu’aurait joué une partie de cette institution contre Patrice Emery Lumumba au début des années 1960 et certaines prises de position actuelles à l’égard du président Félix Tshisekedi. Selon lui, le chef de l’État mène aujourd’hui « un combat pour sortir le Congo du joug rwandais », dans un contexte qu’il qualifie de « rwandanisation » de la RDC, estimant que le pays est désormais engagé dans un processus de « dérwandanisation ». Il présente cette dynamique comme « un combat des patriotes contre les agresseurs rwandais et leurs complices congolais », déplorant que certains responsables religieux reprennent « le discours de l’ennemi » au détriment de la défense de la souveraineté nationale.
L’homélie prononcée le 30 juin par le cardinal Fridolin Ambongo à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance continue d’alimenter le débat public. Invité de l’émission « Congolais Telema » sur la RTNC, le journaliste Éric Wemba a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une politisation de l’Église catholique. Réagissant aux messages du cardinal Fridolin Ambongo à Kinshasa et de Mgr Fulgence Muteba à Lubumbashi, il estime que les célébrations du 30 juin ont revêtu un caractère davantage politique que religieux et relancent, selon lui, le débat sur le rôle de l’Église catholique dans la vie politique nationale.
Le directeur du journal Exclusif RDC considère que certains responsables religieux ont dépassé le cadre de leur mission pastorale pour intervenir dans le débat politique.
« Le Congo n’est pas un diocèse de l’Église catholique. Nous sommes une République et un État laïc. Le cardinal Ambongo doit savoir que tout Congolais n’est pas catholique et tout Congolais ne croit pas au dogme de l’Église catholique », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’homélie célébrée le 30 juin à Kinshasa « a raté l’occasion d’être l’Église au milieu du village » en privilégiant un discours politique.
Éric Wemba affirme également que les homélies prononcées à Kinshasa et à Lubumbashi s’inscrivaient dans une démarche coordonnée. Il avance que le contenu de celle prononcée à Kinshasa aurait été communiqué au préalable à certains états-majors de l’opposition.
Le parallèle entre Lumumba et Tshisekedi
Le journaliste inscrit son analyse dans une perspective historique. Selon lui, une partie de l’Église catholique avait déjà joué un rôle politique durant les premières années de l’indépendance en s’opposant à Patrice Emery Lumumba.
« Il y avait un digne fils de ce pays qui s’appelait Patrice Emery Lumumba et il luttait contre la balkanisation du Congo. Qui a été en avant-plan pour le combattre ? C’est l’Église catholique », a-t-il soutenu.
Éric Wemba affirme que certaines célébrations religieuses de l’époque présentaient Lumumba comme un « communiste sataniste », estimant que l’institution avait alors été instrumentalisée contre le Premier ministre.
À ses yeux, l’histoire se répète aujourd’hui avec le président Félix Tshisekedi.
« Aujourd’hui, Félix Tshisekedi vit le même calvaire. On peut ou ne pas l’aimer, mais il reste le dernier rempart pour la souveraineté de la RDC. Aujourd’hui, Tshisekedi est debout contre les Rwandais comme Lumumba l’a été contre les Belges », a-t-il déclaré.
Le journaliste estime que le chef de l’État mène « un combat pour sortir le Congo du joug rwandais ».
Selon lui, « après la colonisation, puis la dictature, nous sommes tombés sous la domination rwandaise, que j’appelle la rwandanisation de la RDC », ajoutant que le pays est désormais engagé dans « un processus de dérwandanisation ».
Pour Éric Wemba, cette dynamique constitue « un combat des patriotes contre les agresseurs rwandais et leurs complices congolais », regrettant que « certains chefs religieux tiennent le discours de l’ennemi ».
Des restrictions à imposer dans le contexte de guerre
Abordant ensuite la situation politique, Éric Wemba estime que l’état de guerre impose une lecture particulière de l’exercice des libertés publiques.
Selon lui, il convient de distinguer l’opposition politique de ce qu’il qualifie de logique insurrectionnelle.
« Quand les gens sont dans une logique insurrectionnelle, ce n’est plus la liberté, c’est de l’insurrection », a-t-il affirmé.
À ses yeux, une marche dirigée vers le Palais de la Nation vise le siège du commandant suprême des Forces armées d’un pays en guerre. Il estime dès lors que certaines restrictions aux libertés doivent être prises.
« Nous ne disons pas que le président Tshisekedi est parfait, mais même dans des démocraties, des restrictions existent en période de guerre », a-t-il soutenu.
Le débat autour de l’article 220
Enfin, Éric Wemba est revenu sur les discussions entourant l’article 220 de la Constitution.
Selon lui, le débat public réduit à tort cette disposition aux seuls mandats présidentiels.
Il rappelle que cet article concerne également la forme républicaine de l’État et estime incohérent que des acteurs ayant, selon lui, défendu le fédéralisme s’opposent aujourd’hui à toute réflexion sur cette disposition constitutionnelle.
Au terme de son intervention, le journaliste appelle les Congolais à faire de la défense de la souveraineté nationale une priorité face aux menaces extérieures, estimant que les divergences politiques internes ne devraient pas primer sur les enjeux de sécurité et d’intégrité territoriale.
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