Près de 350 millions de dollars américains restent impayés au Fonds de promotion de l’industrie (FPI), compromettant sa capacité à financer de nouveaux projets industriels. Face à cette situation, la Première ministre Judith Suminwa a fixé une nouvelle stratégie de recouvrement, fondée sur une catégorisation affinée des débiteurs et un suivi renforcé, afin de restaurer les capacités financières de cet établissement public au service de l’industrialisation de la RDC.
La Première ministre Judith Suminwa a fixé, vendredi, de nouvelles orientations pour accélérer le recouvrement des créances en souffrance du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), au cours d’une réunion de la Commission spéciale de recouvrement forcé. L’objectif est de restaurer les capacités financières de cet établissement public afin de soutenir davantage le financement de l’industrialisation en République démocratique du Congo, selon la Primature.
La Cheffe du Gouvernement a demandé un affinage de la catégorisation des débiteurs afin d’adapter les mécanismes de recouvrement à la situation de chaque dossier. Une nouvelle réunion est annoncée au cours de ce mois de juillet pour évaluer les premières avancées.
« La Première ministre, Judith Suminwa, a donné d’excellentes orientations pour affiner la catégorisation des débiteurs. Cela permettra de savoir par quel bout prendre chacun des cas. Elle a précisé que, vu l’urgence du dossier, une autre séance se tiendra encore ce mois de juillet », a déclaré le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba.
À l’issue de la réunion, le ministre a révélé que près de 350 millions de dollars américains demeurent entre les mains de débiteurs, privant le FPI de ressources indispensables à l’accomplissement de sa mission.
« Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. Il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent-là pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays », a-t-il insisté.
Selon lui, ces impayés limitent la rotation des capitaux, réduisent les possibilités de financer de nouveaux projets industriels et freinent la création d’emplois.
Miser sur les ressources nationales
Pour Justin Kalumba, le recouvrement des créances constitue un levier stratégique de financement de la transformation locale des matières premières. Il a estimé que l’industrialisation de la RDC doit reposer en priorité sur les ressources internes.
« Nous ne devons pas nous limiter à la commercialisation des produits bruts ou des matières premières. Il faut absolument apporter une plus-value sur nos matières premières. (…) On ne peut pas industrialiser le pays rien qu’en allant demander de l’argent auprès de la Banque mondiale. Il faut compter sur nos ressources nationales et internes », a-t-il soutenu.
Le ministre a enfin annoncé le lancement de la phase de catégorisation des créances avant l’engagement des procédures de recouvrement. « Ceux qui doivent payer doivent s’exécuter. Nous allons rencontrer ces personnes pour voir comment nous allons finalement recouvrer l’argent de l’État », a-t-il conclu.
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