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1 novembre, 2026 - 04:56:01
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Genocost : le député Kasanda Katuala appelle à un sursaut national face aux leçons des guerres contemporaines

À l’occasion de la commémoration du Genocost, le député national Olivier Kasanda Katuala livre, dans une tribune, une analyse des conflits contemporains, de l’Ukraine au Moyen-Orient, en passant par l’Est de la République démocratique du Congo. À travers dix questions existentielles adressées aux Congolais, il invite à tirer les leçons géopolitiques de trente années de guerre, à repenser la réponse nationale face à l’agression et à faire du 2 août le point de départ d’un véritable sursaut national.

2 août, Genocost : quand les guerres contemporaines (Russie/Ukraine, USA/Iran, Israël/Palestine, RDC/Rwanda) font des millions de victimes

Les 10 questions existentielles que chaque Congolais devrait se poser

Le 2 août. Encore une fois. Le pays se souvient. Des millions de Congolais tués, déplacés, brisés. Des corps enterrés trop vite, des familles dispersées, des territoires vidés. On appelle cela le Genocost. Un mot lourd, qui porte le poids de trois décennies de sang.

Ce souvenir douloureux ne doit plus rester une simple commémoration. Il doit nous obliger à refuser la répétition des mêmes erreurs géopolitiques qui ont, inlassablement, endeuillé nos populations.

Pendant que nous nous recueillons, d’autres guerres, ailleurs, produisent le même silence de mort : Russie/Ukraine, pressions sur l’Iran, Israël/Palestine et, ici même, l’agression rwandaise. Mêmes schémas. Mêmes prétextes. Mêmes millions de victimes.

Voici dix questions que chaque Congolais devrait se poser. Pas pour s’embrouiller, mais pour que le Genocost cesse enfin d’être une fatalité.

1. Que disent vraiment les guerres d’aujourd’hui sur les prétextes utilisés par les États qui attaquent ?

Prenons les exemples un par un. Les États-Unis expliquent leur pression sur l’Iran par le refus de le voir obtenir l’arme nucléaire. Ils parlent de non-prolifération et de sécurité dans la région. Pourtant, derrière ce discours, on voit clairement les intérêts sur le pétrole et le désir de contrôler le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb, des passages stratégiques pour le commerce mondial. La résolution 2231 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité le 20 juillet 2015, avait validé l’accord nucléaire (JCPOA). Mais les retraits et les sanctions unilatérales ont montré que la question nucléaire servait aussi de levier pour d’autres objectifs.

La Russie, depuis 2014 et surtout depuis février 2022, parle d’un « danger existentiel » : les bases de l’OTAN et l’armement de l’Ukraine trop près de ses frontières. Le motif officiel est la sécurité nationale. En réalité, on assiste à une opération bien préparée pour prendre des territoires ukrainiens. Le Conseil de sécurité a été bloqué par le veto russe. Le projet de résolution du 25 février 2022 condamnant l’invasion a été rejeté. La résolution 2623 du 27 février 2022 a dû renvoyer le dossier à l’Assemblée générale.

Israël, de son côté, dit se protéger contre des groupes armés palestiniens. Le motif est sécuritaire. Mais sur le terrain, on voit une extension progressive de son territoire, avec des expulsions et des déplacements de populations. La résolution 2334 du 23 décembre 2016 a pourtant affirmé que les colonies israéliennes dans les territoires occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, violent le droit international. Les résolutions 242 (22 novembre 1967) et 338 (22 octobre 1973) avaient déjà posé le principe « terre contre paix ». Elles n’ont jamais été vraiment appliquées.

Ces prétextes, ces mobiles officiels qui cachent des appétits de contrôle et de ressources, sont exactement ceux qui ont nourri le Genocost congolais. Les refuser ailleurs, c’est apprendre à les refuser ici pour que le 2 août ne soit plus un jour de deuil sans fin.

2. La diplomatie a-t-elle un jour apporté une paix durable dans ces conflits ?

Non. Elle a surtout calmé les esprits pendant que les troupes avançaient. On signe des accords, on annonce des cessez-le-feu, on multiplie les pourparlers… mais le terrain continue d’évoluer en faveur de l’agresseur. C’est ainsi que le Genocost s’est installé et prolongé. Chaque cycle diplomatique a offert du temps à la mort. Le souvenir douloureux du 2 août doit nous empêcher de retomber dans la même illusion.

3. Le Rwanda suit-il un schéma différent ?

Non. Kigali parle de la menace des FDLR et des groupes armés près de ses frontières pour justifier des opérations défensives et la présence de ses soldats en RDC. Le motif officiel est un « danger existentiel ». La réalité, c’est le contrôle et l’exploitation des richesses minières de l’Est. Sans ces ressources, l’économie rwandaise basée sur la prédation s’effondrerait. La résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, a pourtant condamné fermement l’offensive du M23 au Nord et au Sud-Kivu. Elle a demandé aux forces rwandaises de cesser tout soutien au M23 et de se retirer immédiatement du territoire congolais, sans conditions. La résolution 2808 du 19 décembre 2025 a prolongé le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026. Ces textes n’ont pas arrêté l’avance. Et les morts continuent de s’ajouter au Genocost. Le 2 août nous rappelle que ces mêmes prétextes ont déjà coûté des millions de vies. Nous ne pouvons plus les accepter.

4. Le M23 est-il vraiment une rébellion indépendante qui défend les rwandophones ou qui lutte contre le pouvoir de Kinshasa ?

Non. C’est un outil de l’armée rwandaise. Il permet à Kigali de nier l’agression tout en l’organisant. Le discours politique sert de couverture à une occupation et à un pillage organisé. Pendant ce temps, les populations de l’Est paient le prix fort, année après année. C’est ainsi que le Genocost se perpétue. Le souvenir douloureux doit nous ouvrir les yeux : ce n’est pas une rébellion, c’est une machine à produire des victimes.

5. La diplomatie a-t-elle aussi échoué dans le cas de la RDC ?

Oui. Tous les accords de paix et les cessez-le-feu n’ont jamais apporté la paix. Les parties restent en guerre et chacune parle de lutte pour sa survie. Les pourparlers de Nairobi, de Luanda et les autres ont suivi le même schéma que dans les autres conflits. Le résultat, c’est le Genocost que nous commémorons chaque 2 août. Ce souvenir douloureux doit nous interdire de croire encore que la diplomatie seule suffira.

6. Kigali se sert-il des pourparlers pour progresser sur le terrain ?

Oui. Chaque cycle de discussions a freiné la mobilisation congolaise, dispersé l’attention internationale et permis de renforcer les positions militaires et économiques. Pendant que Kinshasa dialoguait, les positions rwandaises se consolidaient. C’est exactement la méthode utilisée en Ukraine, autour de l’Iran et en Palestine : la diplomatie comme moyen de gagner du temps. Et pendant ce temps, les victimes congolaises s’ajoutent aux millions déjà comptés. Le Genocost s’est construit sur ces pertes de temps. Le 2 août doit nous apprendre à ne plus les offrir.

7. La RDC continue-t-elle de traiter cette guerre comme un simple problème interne de gouvernance ou de réconciliation ?

Oui, et c’est une grave erreur. Comme l’Irak face à ses invasions, comme l’Ukraine face à la Russie, le Congo doit reconnaître la réalité : le pays subit une guerre d’agression étrangère. Elle a déjà fait des millions de victimes, déplacé des populations à l’intérieur et à l’extérieur des frontières, et affaibli l’autorité de l’État sur une grande partie du territoire. Ce n’est ni une rébellion autonome, ni des groupes isolés. C’est une armée étrangère présente sur notre sol, cachée derrière des relais locaux. C’est le Genocost en cours. Le souvenir douloureux du 2 août doit nous forcer à nommer les choses pour éviter de répéter les erreurs qui ont endeuillé nos populations.

8. Peut-on espérer une paix durable tant que l’ennemi étranger n’a pas été vaincu militairement ?

Non. Tant que l’armée rwandaise et son relais n’auront pas été neutralisés, il n’y aura pas de paix solide. Les résolutions du Conseil de sécurité, même claires, n’ont jamais suffi face à un agresseur déterminé et peu sensible aux sanctions. Chaque année qui passe ajoute des noms à la liste du 2 août. Le Genocost ne s’arrêtera pas tant que cette réalité ne sera pas affrontée.

9. La seule solution qui reste est-elle vraiment la victoire militaire, même si elle est difficile et coûteuse ?

Oui. L’adversaire pense déjà comme ça. La RDC doit faire de même, sans hésitation. Trente années de demi-mesures ont fait des millions de morts et laissé un État affaibli. Tout le reste n’est que perte de temps. Le Genocost ne s’arrêtera pas par de nouveaux dialogues. Le souvenir douloureux doit nous conduire à choisir enfin la voie qui met fin aux erreurs géopolitiques qui ont tant coûté.

10. Les appels au dialogue national sont-ils vraiment la solution, ou un risque de retarder la vraie réponse ?

Deux demandes s’opposent. L’une, portée par une partie de l’opposition et de la société civile, veut un nouveau dialogue intercongolais. Elle le présente comme le chemin de la paix. L’autre dit qu’il faut d’abord gagner une guerre de libération contre l’agresseur rwandais. Ces deux approches ne vont pas ensemble. L’une sert trop souvent à reconstruire une image politique au détriment de la sécurité du pays. Après les neuf questions précédentes, la réponse à celle-ci devient claire. Continuer dans le dialogue pendant que le Genocost se poursuit, c’est accepter que les morts continuent. Le 2 août doit nous interdire cette répétition.

Ce que cela demande, clairement et fermement

Au peuple congolais : arrêtez d’espérer que les dialogues régleront une invasion. Préparez-vous, mentalement et concrètement, à soutenir l’effort de guerre. La souveraineté se défend. Elle ne se négocie pas avec celui qui la piétine. Le 2 août nous rappelle le prix du silence et des erreurs répétées. Que ce souvenir douloureux nous empêche enfin de les refaire.

Au Parlement : votez les lois d’exception nécessaires, donnez aux Forces armées les moyens d’une guerre longue, exigez une transparence totale et sanctionnez toute complaisance avec l’ennemi. Contrôlez strictement l’affectation réelle du budget de la guerre et la façon dont ceux qui le gèrent l’utilisent, pour que chaque franc aille vraiment à la libération du territoire. Que le Genocost cesse d’être alimenté par nos propres faiblesses.

Au Gouvernement : sortez de l’attente. Mobilisez toutes les ressources de l’État pour la victoire militaire. Traitez le M23 pour ce qu’il est : l’outil d’une armée d’occupation. Le souvenir douloureux du 2 août doit guider chaque décision.

Au Président de la République : vous représentez l’unité de la nation et la défense de son territoire. Dans cette épreuve, concentrez les efforts nationaux sur le front Est et refusez tout nouveau cycle de pourparlers qui ne serait pas précédé d’un retrait complet et vérifiable des forces rwandaises et de leurs relais. L’histoire retiendra comment la République aura été défendue face au Genocost. Que ce souvenir douloureux vous empêche de répéter les erreurs qui ont tant endeuillé nos populations.

À l’opposition politique qui exige en ce moment la convocation du dialogue annoncé par le Chef de l’État et qui lance des ultimatums : arrêtez. En présentant le conflit comme un simple problème interne, vous cachez l’occupation, vous divisez le pays et vous donnez à Kigali le temps d’avancer. Votre dialogue n’est plus un outil de paix. C’est un moyen de reconstruire une position politique au détriment de la sécurité nationale. En faisant cela, vous aidez objectivement la stratégie rwandaise et vous prolongez le Genocost. Il n’y a pas de paix possible avec celui qui occupe et pille. Il n’y a que la guerre à mener jusqu’au bout, et à gagner.

Le 2 août ne doit plus être seulement un jour de mémoire. Il doit devenir le jour où le souvenir douloureux nous force enfin à éviter la répétition des erreurs géopolitiques qui ont inlassablement endeuillé nos populations.

Honorable KASANDA KATUALA Olivier

Député national, Élu de Kinshasa/Lukunga

Membre de la plateforme PEP-AAAP de l’USN

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