La formule est forte. Elle dit l’urgence. Elle dit aussi l’essentiel : dans une République éprouvée par la guerre, les divisions ne peuvent devenir une fatalité. L’appel lancé au Palais du Peuple par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, mérite donc d’être entendu.
Le contexte impose la lucidité. L’est du pays reste meurtri. Des familles sont déplacées. L’autorité de l’État est contestée. Les efforts diplomatiques se poursuivent. Face à cette épreuve, la RDC ne peut se permettre une dispersion durable de ses forces.
Mais le rassemblement national ne signifie pas l’uniformité. Il suppose un débat. Il exige même la contradiction. Une nation solide n’est pas celle où toutes les voix disent la même chose. C’est celle où les désaccords trouvent un cadre politique plutôt que la violence.
C’est précisément l’enjeu du dialogue national annoncé par le chef de l’État. La démarche peut ouvrir un espace utile. Elle peut permettre d’identifier les causes profondes des crises. Elle peut surtout recréer une confiance entre les institutions et les citoyens.
La RDC dispose déjà de cadres diplomatiques importants, notamment Washington et Doha. Elle mène aussi des actions sur le terrain pour défendre son intégrité territoriale et soutenir les populations affectées. Ces efforts doivent être salués. Ils doivent surtout produire des résultats tangibles.
Le dialogue ne doit donc être ni une cérémonie, ni une simple juxtaposition de discours. Il doit déboucher sur des engagements clairs. Il doit privilégier l’intérêt national. Il doit renforcer l’État. Il doit rapprocher les Congolais.
« Faire amende honorable » peut être une formule politique puissante. Mais le retour vers la mère patrie doit rester fondé sur la responsabilité, la paix et le respect de la République.
La main est tendue. Il appartient désormais aux forces politiques et sociales de la saisir. À la majorité comme à l’opposition. Aux confessions religieuses. À la société civile. À tous ceux qui veulent encore croire qu’une autre trajectoire est possible.
Le moment appelle moins les calculs que le courage. La mère patrie ne demande pas l’effacement des différences. Elle réclame leur dépassement au service du bien commun.
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