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24 septembre, 2026 - 20:58:23
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Algérie | Tindouf : tensions autour de l’aide humanitaire et d’un scandale financier

Les camps de réfugiés sahraouis établis dans la wilaya de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, connaissent une période de tensions alimentée par des accusations de mauvaise gestion, des interrogations sur l’utilisation de l’aide humanitaire et un important scandale financier. Des manifestations de résidents, de commerçants et de membres de coopératives ont récemment traduit le mécontentement suscité par les pertes enregistrées après le démantèlement d’une société implantée dans les camps depuis 2022. Ces développements ravivent également les critiques récurrentes concernant la transparence de la gestion des ressources destinées aux populations réfugiées.

La gestion de l’aide humanitaire destinée aux camps de Tindouf fait depuis plusieurs années l’objet de controverses. Des rapports attribués à des organismes internationaux, notamment à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), ont fait état de risques liés au détournement ou au contrôle insuffisant de denrées alimentaires, de médicaments et de matériels logistiques destinés aux réfugiés.

Ces préoccupations portent également sur les mécanismes de distribution et sur le suivi des programmes financés par des fonds publics ou associatifs. En Italie, des associations et des militants sahraouis ont notamment exprimé des réserves concernant la gestion de la représentation locale du mouvement, notamment autour de Fatima Mahfoud.

Des plateformes d’information et des observateurs indépendants ont relayé des interrogations sur la transparence financière de certains programmes d’assistance médicale et d’accueil d’enfants. Ils réclament davantage de mécanismes de contrôle afin de garantir que les ressources mobilisées au profit des réfugiés atteignent effectivement leurs bénéficiaires.

Un scandale financier secoue les camps

À ces préoccupations s’est ajoutée une crise financière qui a provoqué de nouvelles tensions en septembre 2026. Des résidents, des commerçants et des membres de coopératives ont organisé des manifestations pour réclamer la récupération de leurs fonds après le démantèlement de la société Infravest for Contracting and Investment.

Implantée dans les camps depuis 2022, cette structure était dirigée par Sallamou Abba Ali, aujourd’hui en fuite. Elle est accusée d’avoir mis en place un système d’escroquerie de type Ponzi, présenté sous couvert d’activités de mécénat et de projets dans le secteur de la construction.

Les sommes engagées par les victimes sont considérables. Les pertes sont estimées à environ 886 millions de dinars algériens, soit près de 6,6 millions de dollars américains, auxquelles s’ajoutent plusieurs montants libellés en ouguiyas mauritaniennes. L’ampleur des pertes explique l’intensité des protestations et l’inquiétude exprimée par les personnes concernées.

La question de la supervision posée

Au-delà du préjudice financier subi par les particuliers et les opérateurs économiques, cette affaire soulève la question du contrôle des activités commerciales et financières dans les camps. Elle intervient dans un environnement où la gestion des ressources, l’aide internationale et les mécanismes de supervision font déjà l’objet de demandes récurrentes de transparence.

La multiplication de ces controverses place ainsi les autorités locales du Front Polisario face à une exigence de clarification. Les protestataires demandent notamment que les responsabilités soient établies, que les fonds puissent être retracés et que les victimes disposent de mécanismes leur permettant de récupérer leurs avoirs.

Le cumul des interrogations sur l’aide humanitaire et de cette crise financière nourrit un climat de défiance au sein des camps. Il remet surtout au premier plan une question essentielle : comment garantir une gestion transparente et contrôlable des ressources destinées à des populations vivant depuis des décennies dans une situation de dépendance humanitaire ?

L’affaire intervient dans un contexte social déjà fragile. La dépendance à l’aide extérieure, la faiblesse des opportunités économiques et l’absence de visibilité sur l’utilisation de certaines ressources accentuent la vulnérabilité d