La Première ministre Judith Suminwa engage son gouvernement à apurer le lourd passif de la SNEL et de la REGIDESO dès avril 2025, en instaurant un ordre de paiement permanent. Ce mécanisme vise à restaurer durablement la viabilité de ces deux entreprises clés, mises à mal par des années d’arriérés et de promesses non tenues.
Le vent du changement soufflera-t-il enfin sur les finances sinistrées de la SNEL et de la REGIDESO ? C’est en tout cas l’engagement pris, une fois de plus, par le gouvernement congolais, par la voix de sa Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, lors du Conseil des ministres du 28 mars 2025. Le cœur du problème reste le même : des dettes accumulées sur fond de consommation publique impayée, une trésorerie exsangue, des capacités de production affaiblies, et au bout de la chaîne, une population qui endure depuis trop longtemps les affres du rationnement, de l’eau coupée et des délestages électriques.
Le chiffre est accablant : 368,1 millions de dollars d’arriérés cumulés, selon les chiffres avancés en 2023 par Aimé Boji Sangara, ministre d’État, ministre du Budget. Ce gouffre financier, creusé entre 2017 et 2021, a fait peser une pression insoutenable sur les deux entreprises publiques en charge de services vitaux. En dépit des discours volontaristes, la régularité des paiements est restée un vœu pieux. Or, sans trésorerie, pas de maintenance ; sans investissements, pas de production fiable ; et sans production, c’est toute la chaîne de vie nationale qui vacille.
Face à cette réalité persistante, le gouvernement annonce une nouvelle approche : dès le mois d’avril, un ordre de paiement permanent sera mis en place pour honorer mensuellement les montants fixés dans les protocoles d’accords signés avec la SNEL et la REGIDESO. Cette disposition doit permettre de soulager enfin, de manière structurelle, le passif accumulé.
Mais la question va bien au-delà du paiement des factures courantes. La Première ministre a également exigé la finalisation des travaux de la commission ad hoc, instaurée depuis plusieurs années et restée jusqu’ici sans livrables concrets. Cette instance devra se pencher sur des aspects cruciaux : la dette fiscale croisée entre l’État et les deux entreprises, la titrisation éventuelle des créances, la révision des tarifs pratiqués, et même la possibilité d’un mécanisme compensatoire pour le manque à gagner dû aux consommations non payées.
Cette approche intégrée, si elle est conduite avec rigueur et transparence, pourrait enfin offrir un avenir viable à deux institutions dont la mission est au cœur de la dignité humaine : fournir de l’eau potable et de l’électricité. Elle pourrait aussi contribuer à restaurer la confiance, tant des usagers que des partenaires techniques et financiers, dans la capacité de l’État à honorer ses engagements.
Mais l’heure n’est plus aux annonces : seule la mise en œuvre, suivie et documentée, convaincra. L’opinion publique, lasse des promesses récurrentes, attend désormais des actes concrets. Les Congolais n’aspirent qu’à une chose : que l’eau coule à leur robinet, que la lumière ne s’éteigne plus sans préavis. Car au bout du compte, c’est la crédibilité de l’État qui se joue sur ce front invisible mais fondamental de l’accès aux services essentiels.
Le gouvernement est face à un test de sincérité. Il a tendu la main à deux géants en détresse. À lui, désormais, d’apporter l’impulsion nécessaire pour qu’ils se relèvent et remplissent pleinement leur mission régalienne.
Infos27

