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Kinshasa
4 avril, 2025 - 02:18:21
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Massad Boulos à Kinshasa : les États-Unis tentent de reprendre la main sur l’Est de la RDC

Après des décennies de silence complice, Washington tente aujourd’hui de reprendre la main sur un drame qu’il a trop longtemps regardé se dérouler sans mot dire. Alors que l’Est de la République démocratique du Congo s’enlise dans une guerre d’agression maquillée en conflit local, les États-Unis semblent vouloir infléchir la trajectoire d’un désastre qu’ils n’ont jamais eu le courage de nommer. Ce jeudi 3 avril, l’arrivée à Kinshasa de Massad Boulos, conseiller principal du président Donald Trump, accompagné de Corina Sanders, marque un tournant : pour la première fois, la Maison Blanche affiche son intention d’entrer dans le jeu. L’heure est venue pour les États-Unis de choisir : continuer à temporiser au nom de l’équilibre régional, ou admettre enfin que le Congo n’a pas besoin de compassion diplomatique, mais de vérité politique et de justice géopolitique. Car ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement la paix dans la région des Grands Lacs, mais la possibilité, pour un peuple martyrisé, d’échapper à son enfermement historique.

Il aura fallu des années de silences diplomatiques, de rapports accablants et de sang versé pour que les États-Unis daignent enfin s’activer sur la question congolaise. Des décennies durant, la République démocratique du Congo, et particulièrement sa partie orientale, a été le théâtre d’une guerre hybride, entretenue par des puissances régionales aux visées prédatrices. Cette guerre n’est ni ethnique, ni tribale. Elle est stratégique, économique, froide, mais sanglante — alimentée par le pillage méthodique des ressources minières et la création artificielle de groupes armés à la solde d’intérêts transnationaux.

Ce jeudi 3 avril, un frémissement nouveau semble poindre à l’horizon. Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump, fraîchement nommé, est attendu à Kinshasa. Accompagné de Corina Sanders, secrétaire d’État adjointe pour les Affaires africaines, il rencontrera le président Félix Tshisekedi dans le cadre d’une mission qui se veut tournée vers la paix et la stabilité. Le message est clair : les États-Unis souhaitent jouer un rôle. Et si l’on en croit leur agenda, ils ne comptent pas se contenter d’écouter un seul son de cloche. Après Kinshasa, la délégation se rendra successivement à Kigali, Nairobi et Kampala. Trois capitales, trois visages d’une même équation géopolitique.

Car il ne faut pas s’y méprendre : ce choix d’itinéraire n’est en rien fortuit. Ces États ne sont pas des observateurs passifs du drame congolais. Le Rwanda, aujourd’hui mis en cause par plusieurs enquêtes des Nations Unies pour son soutien aux groupes armés opérant à l’Est du Congo, n’est plus dans l’ombre. L’Ouganda, longtemps pris dans un double jeu diplomatique, oscille entre coopération officielle avec Kinshasa et collusion officieuse avec les milices qui sévissent sur le sol de la RDC. Quant au Kenya, il est devenu une arrière-base politique et logistique pour ceux qui, sous couvert de rébellions, cherchent à morceler la RDC.

Dès lors, la visite de Massad Boulos ne doit pas être une simple tournée de courtoisie. Elle doit être l’occasion d’un repositionnement stratégique des États-Unis sur un dossier qu’ils ont trop longtemps laissé entre les mains d’intérêts privés, de lobbies miniers, et de puissances locales aux ambitions hégémoniques.

L’administration Trump, réputée pour son pragmatisme économique, semble motivée à sécuriser un espace propice aux investissements américains. Mais ce dessein ne pourra se réaliser sans la restauration préalable d’une paix réelle, fondée sur la vérité, la justice et le respect de la souveraineté congolaise.

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