Dans un secteur longtemps marqué par l’archaïsme administratif, les lenteurs promotionnelles et une gestion souvent perçue comme opaque, l’Office congolais de contrôle (OCC) amorce une mue attendue. En instaurant une logique de performance, en rompant avec l’ancienneté comme seul critère d’avancement, et en plaçant la digitalisation au cœur de la réforme, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, envoie un signal fort. Plus qu’un simple rattrapage symbolique des carrières gelées, la remise des grades intervenue le 2 mai à Kinshasa marque le début d’un tournant stratégique : celui d’un redressement structurel d’une institution clé pour la compétitivité économique du pays, au service d’une nouvelle ambition commerciale congolaise.
L’Office congolais de contrôle (OCC) est à un tournant. Vendredi 2 mai, à l’occasion d’un échange avec les agents et cadres de cet établissement public, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé une série de réformes visant à renforcer la performance, la transparence et la modernisation de cette institution chargée du contrôle qualité de tous les produits entrant ou sortant de la République démocratique du Congo.
Devant un auditoire enthousiaste, réuni pour la remise symbolique des grades dits « cinquantenaires », le ministre a d’abord salué le travail de la commission mixte qui a permis d’attribuer des promotions à des agents restés plusieurs années sans avancement. « Nous avons mis en place une commission mixte qui a abouti à l’attribution des grades à tous ceux qui avaient fait plus de 5 ans, jusqu’à 15, 20 ans, sans avoir bénéficié de grades », a-t-il expliqué. Désormais, l’ancienneté ne suffira plus : la cotation – un système d’évaluation basé sur la performance – entrera en vigueur pour tout avancement.
Contrats de performance et digitalisation
Parmi les décisions phares, Julien Paluku a annoncé que tous les directeurs provinciaux et chefs d’agence devront signer des contrats de performance. Cette mesure vise, selon lui, à « mobiliser suffisamment de ressources » pour répondre aux défis budgétaires et assurer la soutenabilité des nouvelles promotions. « L’OCC a d’autres problèmes auxquels il fait face », a-t-il reconnu. « Nous allons asseoir un certain nombre d’instruments qui vont nous permettre de suivre à la loupe la gestion de l’office. »
Le ministre a également insisté sur la nécessité de digitaliser les processus internes afin de renforcer la traçabilité et la transparence. Il s’agit, dit-il, de « faire rayonner cet établissement public qui doit être doté de laboratoires ultramodernes certifiés pour ainsi être compétitif sur le plan international ».
Un outil stratégique dans la politique commerciale de la RDC
L’OCC joue un rôle central dans la mise en œuvre de la Stratégie de promotion des exportations et de diversification des marchés (SPED), fer de lance de la politique commerciale du gouvernement congolais. « L’image de la RDC à l’extérieur dépend du travail qui est réalisé par l’OCC », a rappelé M. Paluku, réaffirmant sa volonté de faire de cette structure un levier du redressement économique.
Le ministre a également déclaré que « l’heure du népotisme, du clientélisme et de l’injustice sociale est désormais révolue à l’OCC ». Un engagement applaudi par les représentants du personnel, qui voient dans ces mesures une réponse concrète à des années de frustration.
Reconnaissance des cadres et paix sociale retrouvée
Dans leurs interventions respectives, le président du Conseil d’administration, Ndambo Mandjuandju, le directeur général, Étienne Tshimanga, et le président de la délégation syndicale nationale, Chiruza Chirihula, ont salué l’action du gouvernement. Ils ont exprimé leur gratitude au président de la République, Félix Tshisekedi, à la Première ministre, Judith Suminwa, ainsi qu’au ministre du Commerce extérieur pour la régularisation tant attendue des grades. Celle-ci, ont-ils affirmé, « vient cimenter une paix sociale durable » au sein de l’OCC.
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