Cent jours à la Maison Blanche, « nous ne faisons que commencer », a promis Donald Trump dans un discours, en vantant sur un ton triomphaliste et agressif l’entame de son nouveau mandat. En effet, au terme de cette période, l’Ukraine et les États-Unis ont signé, mercredi 30 avril 2025, un accord portant sur l’exploitation des ressources naturelles ukrainiennes. En échange, l’Ukraine va bénéficier d’un « fonds d’investissement pour investir dans la reconstruction » de ce pays ravagé par la guerre, depuis l’invasion russe de 2022. Un accord scellé après des tractations musclées de plusieurs mois. Le même accord minier est en gestation avec la République Démocratique du Congo (RDC).
L’Ukraine et les États-Unis ont conclu, mercredi dernier à Washington, un accord économique entre les deux pays, donnant aux Américains un accès privilégié aux ressources naturelles ukrainiennes : minerais, terres rares, gaz et pétrole, et mettant en place un fonds d’investissement dans la reconstruction du territoire ukrainien, ravagé par la guerre.
« Je suis heureux d’annoncer la signature, aujourd’hui, de l’accord historique de partenariat économique » avec l’Ukraine, s’est réjoui le ministre américain des Finances, Scott Bessent, dans un message vidéo. « Avec les États-Unis, nous créons ce fonds qui attirera des investissements mondiaux dans notre pays », s’est félicitée pour sa part la ministre ukrainienne de l’Économie, Loulia Svyrydenko.
L’accord avec Washington financera des « projets d’extraction de minerais, de pétrole et de gaz », a précisé la ministre ukrainienne de l’Économie sur Facebook. Mais l’Ukraine « conserve l’entière propriété et le contrôle de ces ressources » y compris le sous-sol, et ce sera « l’État ukrainien qui détermine où et quoi extraire », a-t-elle dit.
Pourtant, la quantité de richesses minières que renferme le sol ukrainien reste peu claire, la plupart de ces ressources étant inexploitées, difficiles à extraire ou de facto sous contrôle russe, car se trouvant dans des territoires occupés par l’armée russe.
Tensions entre Kiev et Washington
Le projet d’accord a été, depuis des semaines, au cœur de tensions entre Kiev et Washington, dont le soutien est crucial pour l’Ukraine.
Une précédente mouture de ce texte aurait dû être signée lors de la visite du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche fin février, mais son altercation inédite avec son homologue américain, sous les cameras, avait précipité son départ et annulé la signature de l’accord.
Une nouvelle version, proposée par Washington, en mars, avait été jugée très défavorable par des députés ukrainiens et des médias.
Au fil des négociations, ce document a pu être transformé en une version plus acceptable pour Kiev, selon des responsables ukrainiens. Un document qualifié d’une « extorsion » de Donald Trump par un démocrate américain du Congrès, Gregory Meeks.
L’accord, il faut le dire, ne semble pas comporter de garanties de sécurité américaines face à la Russie. Cet engagement était pourtant demandé par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Mais selon Washington, les garanties seraient avant tout indirectes, du fait de la protection américaine de ses propres infrastructures installées à l’avenir sur le sol ukrainien.
« Très bonne chose »
Les États-Unis ont fourni, sous l’ancienne administration de Joe Biden, des dizaines de milliards de dollars d’aide à l’Ukraine, après l’invasion de ce pays par la Russie, en février 2022.
Le président américain, Donald Trump, avait réitéré, mercredi dernier, avant la signature, que les États-Unis souhaitaient, « pour nos efforts » vis-à-vis de l’Ukraine, avoir quelque chose en retour. « Et nous avons dit : les terres rares. Ils ont de très bonnes terres rares ». « Nous avons conclu un accord qui garantit notre argent et nous permet de commencer à creuser et à faire ce que nous avons à faire », avait poursuivi le président américain, soulignant que « c’est aussi une bonne chose pour eux parce qu’il y’aura une présence américaine » en Ukraine.
Et lors de l’entrevue avec Volodymyr Zelensky au Vatican, en marge des funérailles du pape François, « je lui disais que c’était une très bonne chose » si cet accord était signé, « parce que la Russie est bien plus grande, bien plus forte », a-t-il raconté sur la chaine NewsNation.
« Bel accord »
« C’est vraiment un bel accord international équitable entre les gouvernements américain et ukrainien concernant des investissements communs dans le développement et la reconstruction de l’Ukraine », s’était félicité à la télévision nat

