Face aux controverses suscitées par certaines interpellations de jeunes à Kinshasa, notamment liées à l’apparence capillaire, le président de la République a rappelé, mercredi en Conseil des ministres extraordinaire, les principes fondamentaux encadrant les libertés individuelles. Insistant sur l’équilibre entre droits et ordre public, Félix Tshisekedi a mis en garde contre toute dérive sécuritaire et appelé à une action policière fondée sur la légalité, la pédagogie et le respect des citoyens. Dans un contexte de tensions sociales latentes, l’exécutif entend ainsi réaffirmer les fondements de l’État de droit tout en responsabilisant la jeunesse.
Réuni mercredi 15 avril 2026 à la Cité de l’Union africaine, le Conseil des ministres extraordinaire a suivi la communication du Président, au sein de laquelle figurait une mise au point du chef de l’État sur le respect des droits et libertés fondamentaux. Une intervention directement liée aux préoccupations exprimées dans l’opinion publique, notamment par des jeunes de Kinshasa, autour d’interpellations jugées abusives en raison de leur apparence.
Dans sa communication, Félix Tshisekedi a rappelé que « notre Constitution garantit à chaque citoyen un ensemble de droits et libertés fondamentaux », insistant sur leur rôle central dans la protection de la dignité humaine et de la liberté individuelle.
Mais ce rappel s’est accompagné d’une mise en garde claire : « l’exercice de ces droits et libertés ne saurait être assimilé à un libertinage ». Le président a ainsi insisté sur la nécessité de concilier libertés individuelles et exigences de la vie collective, fondées sur « la loi, l’ordre public, la morale et les bonnes mœurs ».
Apparence des jeunes : pas un motif d’interpellation
Au cœur des préoccupations, la question du port de cheveux tressés ou locks par certains jeunes, notamment masculins, a été explicitement abordée. Sur ce point, la position du chef de l’État se veut sans ambiguïté : ces choix relèvent de la liberté individuelle et ne peuvent justifier, à eux seuls, une intervention policière.
« Dès lors qu’il n’y a ni violation de la loi ni atteinte à l’ordre public, ces choix ne sauraient justifier des interpellations systématiques ni des privations de liberté », a-t-il martelé.
Une clarification qui vise à désamorcer les tensions et à encadrer strictement l’action des forces de l’ordre, dans un contexte où certaines pratiques ont suscité incompréhension et critiques.
Tout en reconnaissant le rôle central de la Police nationale congolaise dans le maintien de l’ordre, le président a rappelé que cette mission devait s’exercer « dans le strict respect de la loi et des droits fondamentaux ».
Il a insisté sur la nécessité de privilégier une approche fondée sur « la prévention, l’encadrement et la protection », plutôt que sur des pratiques susceptibles de conduire à des « arrestations arbitraires ».
Dans cette logique, les forces de sécurité sont appelées à faire preuve de « pédagogie, de discernement et de professionnalisme », afin d’éviter toute dérive pouvant fragiliser la confiance entre les citoyens et les institutions.
Responsabilisation de la jeunesse et encadrement renforcé
Le chef de l’État n’a pas limité son message aux forces de l’ordre. Il a également exhorté la jeunesse à exercer ses libertés « avec responsabilité », dans le respect des lois et des valeurs sociales.
Afin de prévenir toute escalade, il a instruit le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, en collaboration avec les ministres de l’Éducation et de la Jeunesse, de proposer des mesures concrètes. Objectif : renforcer à la fois l’encadrement civique des jeunes et la formation professionnelle des agents de police.
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