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Kinshasa
17 avril, 2026 - 08:59:10
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Après dix ans d’arrêt, Doudou Fwamba annonce la reprise des travaux du barrage de Grand Katende

Relancé avec éclat après près d’une décennie d’abandon, le projet hydroélectrique de Grand Katende incarne aujourd’hui bien plus qu’un chantier d’infrastructure : il devient un marqueur de souveraineté, de justice territoriale et d’unité nationale. En présentant à Kinshasa, le 10 mai 2025, le nouveau périmètre technique de ce vaste complexe énergétique, le gouvernement congolais, par la voix déterminée du ministre des finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a affiché sa volonté de matérialiser ce rêve longtemps différé de millions de Congolais. Dans un pays où l’accès à l’électricité demeure un luxe pour la majorité, Grand Katende entend, dès sa première phase, livrer 16 mégawatts aux villes de Kananga et Bukonde, amorçant une dynamique de développement équitable au cœur du Kasaï. En privilégiant un financement majoritairement national et en appelant à une mobilisation collective des acteurs publics et privés, Kinshasa entend cette fois aller au bout du chantier. Dans cette relance, le barrage devient autant une promesse énergétique qu’un symbole politique : celui d’une République qui, par l’action, cherche à réparer ses fractures historiques.

La République démocratique du Congo entend faire de l’énergie un levier de développement et d’unité. Le samedi 10 mai 2025, à Kinshasa, la relance officielle du projet hydroélectrique Grand Katende a été actée à travers la présentation du périmètre technique du chantier. Ce projet emblématique, resté en suspens depuis près de dix ans, vise à alimenter en électricité la région du Kasaï, tout en portant une forte dimension symbolique.

Pour le ministre des finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, Grand Katende dépasse de loin les enjeux purement énergétiques. « Katende n’est pas seulement un projet énergétique : c’est un barrage de la Renaissance, barrage de la réconciliation, barrage de la fraternité, barrage de la cohésion, barrage de l’unité des peuples », a-t-il déclaré devant un parterre de responsables techniques, politiques et administratifs, réunis pour l’occasion. « Plus de 25 millions d’âmes attendent depuis des décennies ce projet », a-t-il insisté, rappelant les espoirs déçus des populations du Grand Kasaï.

Située sur la rivière Lulua, la centrale est conçue pour produire, dans sa première phase, 16 mégawatts destinés à desservir les villes de Kananga et Bukonde. Le ministre a fixé un objectif clair : livrer cette capacité dans un délai de 24 mois à partir du lancement effectif des travaux. Cette première étape s’inscrit dans une ambition plus vaste d’électrification des provinces intérieures, longtemps marginalisées dans les politiques d’investissement public.

Abandonné depuis 2016 en raison de blocages liés à la structuration financière et aux procédures de marchés publics, le projet Grand Katende est désormais repris sous une nouvelle forme, portée majoritairement par des ressources nationales. Une manière, pour le gouvernement, de réaffirmer sa souveraineté sur les choix de développement et de rompre avec la dépendance aux partenaires extérieurs.

« Ce projet est porté par votre gouvernement. J’invite toutes les parties prenantes — entreprises sélectionnées, ingénieurs, élus locaux et communautés bénéficiaires — à une synergie d’action pour assurer sa concrétisation », a poursuivi le ministre, dans un appel à la responsabilité collective. Il a également salué l’implication directe du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, qui fait de l’électrification un pilier central de son programme de transformation du pays.

Dans un pays où seuls 20 à 25 % des habitants ont accès à l’électricité, selon les estimations officielles, la relance du projet Grand Katende est perçue comme un signal fort. Elle répond à la fois à une exigence de développement économique — en soutenant la croissance des centres urbains régionaux — et à une quête de justice territoriale, dans un contexte encore marqué par les déséquilibres hérités de la période coloniale et postcoloniale.

« Le temps nous dira si Katende nous bâtira ou nous battra », a glissé Doudou Fwamba, lucide sur les défis à venir. Mais en engageant ce redémarrage, le gouvernement congolais pose un jalon important dans sa stratégie énergétique et politique, en misant sur les ressources hydrauliques pour bâtir une unité nationale durable.

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