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26 juin, 2026 - 23:34:42
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Félix Tshisekedi en croisade contre les crises à répétition dans les provinces

Alors que la République démocratique du Congo reste fragilisée par une crise sécuritaire d’ampleur dans sa partie orientale, un autre front, plus insidieux, menace la cohésion nationale : la déstabilisation chronique des institutions provinciales. À l’occasion de la 44 réunion du conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a dénoncé une recrudescence inquiétante des tensions entre assemblées provinciales et exécutifs locaux, alimentée par des luttes d’influence, des motions de défiance à répétition et des accusations de mauvaise gestion. Ce dysfonctionnement structurel, qui sape la gouvernance territoriale et retarde l’exécution des politiques publiques, survient au pire moment pour un pays sommé de faire bloc face aux menaces extérieures. Enjoignant le gouvernement à agir, le chef de l’État appelle à une réponse ferme et coordonnée afin de préserver la stabilité provinciale, condition sine qua non à la consolidation de l’autorité de l’État et au redressement national.

Réuni en conseil des ministres le vendredi 23 mai, Félix Tshisekedi a sonné l’alerte : la multiplication des crises entre assemblées et exécutifs provinciaux menace l’unité nationale et entrave la reconstruction de la République démocratique du Congo (RDC), pourtant en quête de stabilité. « Une telle situation fragilise l’unité nationale et entrave les efforts pour restaurer la paix et reconstruire les zones sinistrées », a déclaré le chef de l’État, selon le compte rendu fait par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 2006 et la mise en place des institutions provinciales, ces dernières ont été régulièrement secouées par des conflits de gouvernance. Motions de défiance, blocages institutionnels, accusations de mauvaise gestion : dans de nombreuses provinces, les relations entre les gouverneurs et les députés provinciaux oscillent entre méfiance et affrontement.

La dernière secousse en date s’est produite au Kasaï-Oriental, où le gouverneur a été mis en accusation par l’Assemblée provinciale. Au cœur des reproches : la gestion jugée opaque de plus de trois millions de dollars de recettes nationales destinées à l’investissement. Un épisode emblématique des crispations locales, que le président congolais dénonce désormais comme un phénomène général de déstabilisation.

Une fragilisation du fonctionnement de l’État

« Depuis la mise en place des institutions provinciales prévues par la Constitution, notre pays a été confronté à des tensions répétées entre les assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux », a rappelé Félix Tshisekedi. « Ces conflits, souvent matérialisés par des motions de défiance, ont entraîné la destitution de plusieurs gouverneurs de province. Ces instabilités ont lourdement impacté le bon fonctionnement des institutions provinciales, causant d’importants retards dans la mise en œuvre des politiques publiques et freinant l’élan des développements administratifs et socio-économiques escomptés. »

L’inquiétude présidentielle prend un relief particulier dans un contexte de crise sécuritaire aiguë à l’Est, où les forces armées congolaises affrontent une rébellion soutenue par le Rwanda voisin. Pour le président Tshisekedi, l’heure devrait être à l’union sacrée et à la mobilisation des énergies autour de la paix. « Nous assistons paradoxalement à une recrudescence d’actes de déstabilisation dans certains exécutifs provinciaux », a-t-il déploré.

Une réponse attendue du ministère de l’Intérieur

Face à cette situation jugée intenable, le président de la République a enjoint le gouvernement d’agir. Il a confié au vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, la responsabilité d’« examiner en priorité les cas de déstabilisation des institutions provinciales, qu’ils soient en cours ou à venir ». La première ministre Judith Suminwa devra, quant à elle, assurer la coordination de ce chantier urgent.

Le ministre de l’Intérieur devra ainsi soumettre, dans les plus brefs délais, un ensemble de mesures préventives et correctives, susceptibles d’être discutées lors de la deuxième conférence des gouverneurs, dont la tenue est d’ores et déjà annoncée. L’objectif affiché : préserver la stabilité des exécutifs locaux, élément clé pour « garantir le bon fonctionnement de l’État et préserver la cohésion nationale ».

À l’approche des échéances politiques de 2026 et dans un contexte sécuritaire tendu, le pouvoir central tente ainsi de prévenir une fragmentation institutionnelle qui pourrait éroder encore davantage l’autorité de l’État et ralentir la relance des services publics dans les provinces. Mais le défi s’annonce de taille : au-delà des mesures techniques, la pacification de la vie politique locale exigera une refonte en profondeur des rapports entre Kinshasa et les entités décentralisées.

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