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13 mai, 2026 - 01:27:44
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Entre liberté et contrôle Assemblée nationale : Christian Bosembe défend la régulation des médias en temps de tensions sécuritaires

Dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires croissantes et une guerre de l’information intense, la régulation des médias en RDC revêt une importance stratégique. Le vendredi 6 juin, Christian Bosembe, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), a présenté aux députés nationaux le rapport d’activités de son institution, réaffirmant la mission délicate du CSAC : garantir un équilibre entre liberté d’expression et préservation de la paix sociale, tout en s’engageant à améliorer continuellement ses pratiques.

À l’heure où la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires majeurs, la régulation de l’espace médiatique s’impose comme un exercice de haute responsabilité. C’est dans cet esprit que le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), Christian Bosembe, s’est adressé, ce vendredi 6 juin, aux députés nationaux lors d’une séance plénière consacrée à l’examen du rapport d’activités de l’institution.

D’emblée, le président du CSAC a posé les termes du dialogue avec le Parlement, rappelant le rôle d’exécutant des lois confié à son institution. « Ce n’est pas pour nous justifier que nous sommes ici, encore moins pour contredire ce que vous avez dit. Vous êtes les législateurs ; nous, nous ne faisons qu’exécuter les lois que vous adoptez », a-t-il déclaré.

Reconnaissant que des insuffisances ont pu être relevées, Christian Bosembe a fait preuve d’une posture d’ouverture et d’écoute. « S’il y a eu des couacs, ce qui peut arriver dans tout travail humain, nous sommes prêts à corriger le tir et à faire mieux à l’avenir. » Il a également pris acte des critiques formulées par les élus et s’est engagé à livrer un rapport 2025 « plus pertinent et plus abouti ».

Une mission délicate dans un contexte sous tension

Dans un pays confronté à une guerre à l’Est et à une guerre de l’information sur le plan national et international, le rôle du CSAC apparaît plus crucial que jamais. Veiller à la liberté d’expression tout en garantissant l’ordre public exige un équilibre constant.
Christian Bosembe l’a rappelé avec force, en citant Thomas Hobbes : « Lorsqu’une société refuse de sacrifier une partie de sa liberté en période de crise pour préserver la sécurité, elle met en péril sa stabilité. Ce que nous faisons vise à protéger l’ordre public et à garantir la cohésion nationale. »

Dans ce contexte, la régulation des médias devient un levier essentiel pour préserver l’unité de la nation et éviter que des discours dangereux ne fragilisent davantage le tissu social. Une mission que le CSAC dit exercer dans le strict respect du cadre légal.
« Le CSAC ne peut en aucun cas violer une loi. Ce n’est pas seulement parce que nous n’en avons pas le droit, mais aussi parce que nous savons que vous ne le toléreriez jamais », a insisté son président.

Dialogue apaisé et volonté de transparence

La séance a également été l’occasion de clarifier plusieurs points techniques, notamment sur les questions budgétaires et administratives. Christian Bosembe a apporté des précisions utiles sur la distinction entre prévisions budgétaires et crédits réellement débloqués.
Interpellé sur des aspects internes, le président du CSAC a tenu à apaiser les débats. Sur l’existence d’un procès-verbal d’adoption du rapport, il a confirmé sa validité en s’appuyant sur le témoignage des membres du bureau présents. Quant à la lettre de désaveu évoquée par certains députés, il a relativisé sa portée : « Des conflits peuvent exister dans toute organisation humaine, mais aujourd’hui, la paix est revenue. Nous avons choisi l’unité et la cohésion. »

Au terme de cette séance, le message du CSAC est apparu clair : dans cette période complexe, l’institution entend demeurer un acteur républicain, équilibré et transparent, soucieux d’accompagner les médias dans un cadre respectueux des libertés fondamentales mais attentif aux impératifs de sécurité nationale.

Dans ce climat fragile, la mission de régulation des médias n’a sans doute jamais été aussi délicate — et aussi nécessaire.

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