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Kinshasa
17 avril, 2026 - 06:57:49
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Un pari sur la santé publique

La santé publique est-elle appelée à devenir l’un des nouveaux piliers de l’État congolais ? C’est, en filigrane, le message qu’a voulu adresser Félix Tshisekedi en ouvrant à Kolwezi, ce 10 juin, la 12ᵉ Conférence des gouverneurs de provinces. Dans un pays où l’unité nationale est constamment mise à l’épreuve, où les fractures sociales et territoriales restent béantes, choisir de faire de la couverture santé universelle (CSU) un axe structurant du développement est un geste politique lourd de sens.

Le pari est audacieux. En République démocratique du Congo (RDC), l’accès aux soins demeure profondément inégal, de Kinshasa aux confins des provinces orientales. Laisser ces écarts se creuser reviendrait à entretenir des lignes de faille dangereuses pour la cohésion nationale. En plaçant les exécutifs provinciaux au cœur de cette nouvelle ambition, le chef de l’État esquisse une réponse à ces menaces : en investissant dans la santé, il s’agit aussi d’investir dans la paix sociale.

Encore faut-il que cette orientation ne reste pas un simple vœu pieux. Le discours de Kolwezi, volontariste, devra se traduire par des actes tangibles. Les gouverneurs, réunis sous la bannière de la loyauté institutionnelle, ont eux-mêmes rappelé les faiblesses structurelles qui minent l’action publique : rétrocessions budgétaires aléatoires, centralisation persistante, manque de moyens. Sans un véritable rééquilibrage financier et une décentralisation assumée, les provinces auront bien du mal à jouer le rôle que leur assigne ce nouveau contrat social.

L’initiative présidentielle pour éradiquer le VIH/SIDA pédiatrique d’ici 2030 témoigne toutefois d’une volonté de ne pas laisser les priorités sociales en marge des grandes stratégies nationales. Elle illustre aussi un changement de posture du pouvoir congolais : affirmer que la santé n’est plus une compétence marginale mais un levier central de développement humain.

Reste à transformer cette impulsion en politique durable. Car en RDC, les stratégies les plus ambitieuses se heurtent souvent aux lenteurs administratives, au manque de ressources, à une gouvernance parfois défaillante. Si la santé doit réellement devenir un facteur de cohésion nationale, elle exigera des moyens stables, un suivi rigoureux, une volonté politique continue.
À Kolwezi, Félix Tshisekedi a ouvert un chantier aussi indispensable que redoutable. Il appartient désormais à l’État congolais de démontrer qu’il peut tenir cet engagement — et que l’accès équitable aux soins peut devenir, enfin, une réalité pour l’ensemble des citoyens congolais.

Infos27

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