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Kinshasa
25 octobre, 2026 - 15:06:09
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« Kinshasa Ezo Bonga » : à Kolwezi, Daniel Bumba dévoile sa stratégie pour refonder la capitale

Porté par une vision audacieuse et un leadership assumé, le gouverneur Daniel Bumba a profité de la 12ᵉ conférence des gouverneurs à Kolwezi pour exposer les grandes lignes du programme « Kinshasa Ezo Bonga », une stratégie de développement à dix milliards de dollars qui ambitionne de redonner souffle, cohérence et dignité à une mégapole souvent présentée comme ingouvernable. Entre réalisations concrètes, revendication d’un soutien accru de l’État central et appel à une gouvernance plus collaborative, Kinshasa se projette désormais comme un laboratoire du renouveau urbain en République démocratique du Congo. Une dynamique qui, si elle est soutenue et structurée, pourrait faire école.

C’est une voix posée mais résolue qui s’est élevée, lundi 9 juin, dans l’hémicycle de la 12ᵉ Conférence des gouverneurs, ouverte à Kolwezi dans la province du Lualaba. Celle de Daniel Bumba Lubaki, gouverneur de la ville de Kinshasa, venu présenter un état d’avancement de son programme de gouvernance urbaine, « Kinshasa Ezo Bonga » — littéralement « Kinshasa progresse » en lingala. Plus qu’un simple exposé technique, son intervention s’est muée en plaidoyer pour une politique publique concertée, ambitieuse et résolument tournée vers le bien-être urbain.

Lancé comme une réponse aux défis multiformes de la mégapole congolaise, ce programme de transformation est adossé à une enveloppe prévisionnelle de 10 milliards de dollars. Une somme à la hauteur des enjeux d’une ville de plus de 15 millions d’habitants, en proie à une urbanisation galopante, à des infrastructures saturées et à un déficit chronique de services de base. Mais à Kolwezi, le gouverneur n’est pas venu se plaindre. Il a préféré dresser un tableau contrasté, lucide mais optimiste, de ce que Kinshasa accomplit déjà avec des moyens encore limités.

Une voirie en chantier

Parmi les secteurs mis en avant, la réhabilitation du réseau routier figure en bonne place. Sur les 170 kilomètres de routes urbaines initialement visés dans le programme, 60 kilomètres ont déjà été rénovés, désengorgeant certains axes critiques de la ville. « Nous avons revu notre ambition à la hausse », a déclaré Daniel Bumba. « Notre objectif est désormais d’atteindre 250 kilomètres, à condition que le gouvernement central nous soutienne davantage. » Une manière, pour le chef de l’exécutif provincial, de rappeler que les provinces ne peuvent seules porter l’ambition nationale de modernisation.

Ce ton volontariste est à mettre en perspective avec les objectifs du second mandat du président Félix Tshisekedi, articulés autour de « trois initiatives » et « six engagements ». Le plan Kinshasa Ezo Bonga se veut ainsi l’une des expressions concrètes de cette vision de développement par le bas, ancrée dans les réalités locales mais portée par un cap national.

Mpasa, symbole d’une ville qui veut respirer
Autre volet essentiel : l’assainissement. Kinshasa, ville-poubelle à bien des égards, tente de sortir de cette image dégradante. Pour la première fois, la capitale s’est dotée d’un plan global de gestion des déchets. Une réforme capitale dans une ville qui produit plus de 9 000 tonnes de déchets solides par jour. Le gouverneur a particulièrement insisté sur le cas du centre d’enfouissement de Mpasa, à l’est de la ville, fermé depuis plusieurs années et désormais en cours de réhabilitation.

Plus de 8 millions de tonnes de déchets devront être évacuées pour permettre la remise en service de ce site stratégique. Le coût de cette opération, estimé à 45 millions de dollars, dépasse largement les capacités de la ville. « L’appui financier de l’État est plus que nécessaire », a martelé Daniel Bumba. Derrière l’urgence sanitaire, c’est aussi une vision de la dignité urbaine qui s’esquisse.

Santé, hygiène et proximité

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