Reçu jeudi 19 juin à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a affirmé que les combats s’essoufflent face aux avancées des forces loyalistes soutenues par les Wazalendo. Il annonce l’imminence d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, tout en promettant justice pour les victimes des atrocités documentées dans l’Est du pays.
Le ton se veut résolument optimiste. Reçu jeudi à Kinshasa par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a livré un message que peu d’habitants de l’Est osaient encore espérer : « La guerre est derrière nous. »
Au sortir de son entretien avec le chef de l’État, dans les jardins feutrés de la Cité de l’Union africaine, l’ancien député devenu gouverneur a dressé un tableau encourageant de la situation sécuritaire sur les lignes de front, assurant que les Forces armées de la RDC (FARDC), épaulées par les milices patriotiques dites Wazalendo, reprennent du terrain face aux rebelles de l’AFC-M23.
« Les troupes régulières se comportent très bien. Le président de la République m’a rassuré de sa volonté d’arrêter l’hémorragie, de stopper la souffrance de nos populations du Sud et du Nord-Kivu », a déclaré Jean-Jacques Purusi, devant la presse à l’issue de l’audience.
Une paix encore à l’état de promesse
Au-delà du satisfecit militaire, le gouverneur a évoqué des avancées diplomatiques concrètes. Il a notamment confirmé la prochaine signature d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali, fruit de négociations menées sous médiation internationale — principalement américaine — ces dernières semaines à Washington.
« Le Commandant suprême m’a dit avec gravité : la guerre est derrière nous. Je suis venu transmettre cette parole aux miens », a-t-il insisté, en appelant les populations au calme et à la confiance.
Ces propos interviennent quelques jours après la diffusion d’un rapport d’Amnesty International dénonçant de graves violations des droits humains dans les provinces orientales de la RDC, imputées aux rebelles soutenus par le Rwanda selon plusieurs sources onusiennes et diplomatiques.
Vers une judiciarisation des crimes de guerre
L’heure n’est pas seulement au soulagement, mais aussi à la quête de justice. Jean-Jacques Purusi a annoncé que sa province allait compiler des dossiers à charge contre les auteurs présumés des violences perpétrées par l’AFC-M23. Objectif : saisir la Cour pénale internationale (CPI).
« Le Sud-Kivu travaille à réunir les éléments nécessaires pour que les responsables rwandais et leurs complices impliqués dans les atrocités répondent de leurs actes devant la justice internationale », a-t-il martelé, dans une allusion directe au soutien présumé du régime de Paul Kagame aux groupes armés opérant sur le sol congolais.
Le gouverneur a par ailleurs adressé ses condoléances aux familles des soldats tombés sur le champ de bataille et aux civils victimes de l’occupation armée. Il a également assuré que le chef de l’État entendait améliorer les conditions de vie des militaires et des forces de sécurité, « en reconnaissance de leur bravoure ».
Des mots pour panser des plaies encore ouvertes
À Bukavu comme à Goma, les paroles du gouverneur suscitent à la fois espoir et scepticisme. « C’est un message qu’on attendait, mais tant que les armes ne se sont pas définitivement tues, il est difficile de croire à un retour à la normale », confie un enseignant déplacé de Rutshuru, joint par téléphone.
Sur le terrain, les mouvements de troupes, les déplacements de population et les combats sporadiques signalés dans les collines du Masisi rappellent que la paix proclamée reste, pour l’instant, une perspective. Le discours de Jean-Jacques Purusi s’inscrit cependant dans une nouvelle séquence politique où Kinshasa semble vouloir reprendre la main.
« On ne peut pas parler de paix si l’impunité règne. Ce que dit le gouverneur est important. Mais maintenant, il faut des actes », estime une militante des droits humains basée à Bukavu.
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