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11 octobre, 2026 - 18:05:18
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Sommet Mattei : Entre milliards et promesses, Judith Suminwa réclame des résultats pour les peuples

Au cœur du sommet sur le Plan Mattei et le Global Gateway, qui s’est tenu à Rome les 19 et 20 juin 2025, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a su imposer une voix africaine ferme et exigeante. Face aux promesses d’investissements européens, la cheffe du gouvernement de la RDC a recentré le débat sur l’essentiel : l’impact réel des projets sur les populations, en particulier les jeunes. Refusant les logiques d’alignement passif, elle a défendu une vision souveraine du développement fondée sur la transformation locale des ressources, la montée en compétence des ressources humaines et une coopération économique équitable. Dans un concert souvent dominé par les puissances du Nord, la RDC, par sa position stratégique et son ambition assumée, affirme qu’elle ne veut plus être un simple terrain d’expérimentation, mais un partenaire stratégique à part entière.

C’est sous les ors de la Villa Pamphili que s’est refermé, vendredi 20 juin, le sommet conjoint consacré au Plan Mattei pour l’Afrique et à l’initiative Global Gateway, porté par l’Union européenne. Durant deux jours, chefs d’État, responsables institutionnels et acteurs du développement se sont succédé à la tribune pour poser les jalons d’un partenariat euro-africain « plus équilibré, plus juste, et plus efficace », selon les mots d’Ursula von der Leyen.

La présidente de la Commission européenne a annoncé cinq nouveaux accords d’investissement totalisant 1,2 milliard d’euros en faveur de l’Afrique, concentrés sur l’agriculture durable, les énergies vertes, la connectivité numérique et les usages de l’intelligence artificielle. Des domaines stratégiques pour une coopération qui ambitionne de rompre avec les logiques d’aide descendante.

« Aller au-delà des simples déclarations »

C’est une tonalité volontaire et pragmatique qui a dominé cette clôture. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, hôte du sommet et promotrice du Plan Mattei, a lancé un appel appuyé à ses homologues : « Nous devons aller au-delà des simples déclarations. L’Afrique ne peut plus être regardée uniquement à travers le prisme de l’assistanat ou de la crise migratoire. Elle est l’avenir. Elle est le présent. »

Elle a plaidé pour un changement de récit, reposant sur une reconnaissance des atouts africains : sa jeunesse, ses ressources, son potentiel économique.

Le Corridor de Lobito, « levier de transformation »

Dans ce cadre, la voix de la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka s’est faite entendre avec force. Pour la cheffe du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), le Corridor de Lobito, projet emblématique soutenu par l’Union européenne et les États-Unis, ne saurait être réduit à un simple axe logistique reliant la RDC à l’océan Atlantique via la Zambie et l’Angola.

« Ce corridor doit devenir un pôle de développement intégré, autour duquel vont se greffer des projets structurants, au bénéfice direct de nos populations », a-t-elle déclaré.

Judith Suminwa a souligné l’enjeu du capital humain, citant les chantiers liés à la formation professionnelle, à la transformation agricole ou encore à l’emploi des jeunes : « Notre première richesse, ce sont nos jeunes. Ce projet doit leur ouvrir des perspectives concrètes, les former, les insérer dans des filières porteuses. C’est cela, un partenariat gagnant-gagnant. »

Des engagements salués par l’Union africaine

Ce discours a trouvé un écho favorable auprès du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssou